SOMMAIRE:
*La
Grèce à la présidence de l’Union européenne
* Des
nouvelles de la Convention pour l’avenir de l’Europe
*
Conseils européens de Copenhague et d’Athènes:
Vers une Europe à 25
*
Une rubrique "Elargisement" sur le site du
premier ministre
*
Le traité de l'Elysée, un mode d'emploi pour de bonnes
relations Franco-allemandes
*
Notes
*
* * * * *
La
Grèce à la présidence de l’Union européenne
Géographie
: une presqu'île entre Orient et Occident
5000
ans d'histoire...pour la création du premier Etat
grec indépendant en 1830
Système
politique, constitution et institutions de la Grèce
moderne
La
Grèce et l'Union européenne...
Arts,
Culture
Le
retour aux sources: les Jeux Olympiques d'Athènes en
2004
Folklore
et Gastronomie
Le
régime crétois
La
philosophie grecque en quelques clics
La
Grèce sur Internet
CARTE
Membre
de la CEE depuis 1981
Superficie
: 131.957 km²
Population
: 10,9 millions d'habitants (recensement de 2001), et
une diaspora importante. Plus de 4 millions de grecs
demeurent à l'extérieur de la Grèce : aux
Etats-Unis, au Canada, en Australie et dans le reste
de l'Europe majoritairement.
Capitale
: Athènes
Monnaie
: Euro
Religion
: Grecque orthodoxe à 98%
Langue
: le grec moderne est la langue officielle depuis
1975. Jusqu'à cette date, deux langues régnaient en
Grèce : la kathaveroussa, "langue pure",
version simplifiée du grec ancien et utilisée par
l'élite, elle servait, jusque dans les années 70, à
rédiger les lois, les textes administratifs, les
journaux, les nouvelles à la radio…; la dimotiki,
auparavant "langue du peuple" fut finalement
généralisée comme étant le grec moderne.
Géographie
: une presqu'île entre Orient et Occident
La
Grèce, à l'extrême sud-est européen, se situe en
périphérie par rapport aux autres pays de l'Union,
elle ne dispose pour l’instant d'aucune frontière
terrestre avec l'un d'eux. C'est une presqu'île de
pleine méditerranée, séparant la mer ionienne de la
mer Egée, et rattachée au continent par ses
frontières du Nord avec les Balkans (Albanie,
République ex-Yougoslave de Macédoine, Bulgarie) et
la Turquie.
"Le
rocher. Rien d'autre. Le figuier sauvage et la pierre
ferrugineuse. La mer toute cuirassée. Nul espace où
s'agenouiller." Yannis Ritsos, extrait du poème
Monemvassia, 1978… Cette localisation particulière
associée à la rudesse de ses paysages (70% de
montagnes, 15.000 kms de côtes escarpées et
découpées, des milliers d'îles et d’îlots…)
ont poussé, depuis l’origine, ses habitants à
tisser des contacts étroits avec leurs voisins et à
devenir des navigateurs et des marchands renommés
(Onassis). Cela a donné à la Grèce des odeurs, des
influences et de profondes empreintes aussi bien
occidentales qu'orientales, dans tous les domaines.
Elle peut être considérée comme le lien européen
entre l’Orient et l’Occident.
"La
première impression que donne ce paysage, d'où qu'on
l'aborde, est sévère. Il exclut toutes les
rêveries, même celle des historiens. Il est sec,
avare, expressif et frappe comme au visage cruellement
amaigri; mais là-dessus règne une lumière dont
notre œil n'a, auparavant, jamais vu la pareille et
dont il ressent un ravissement, comme si s'éveillait
à l'instant même notre sens de la vue. (…) C’est
la lumière de l'Asie mineure, la lumière de la
Palestine, de la Perse, de l'Egypte" Hugo von
Hofmannsthal, La Grèce, 1922.
5000
ans d'histoire… pour la création du premier Etat
grec indépendant en 1830.
L'histoire
grecque est touffue et longue. Outre l'héritage
glorieux de l'Antiquité, - c’est en 507 av. JC qu’est
née la démocratie
dans la cité (1) ; la Grèce est aussi le
principal berceau de la philosophie
occidentale - l'identité grecque moderne a été
forgée par des événements d'une rare dureté. La
naissance de la Grèce moderne se fait parallèlement
à la chute de l'empire ottoman. En effet, durant plus
de 400 ans, le peuple grec s'est trouvé sous le joug
ottoman, et c'est par sa lutte pour l'indépendance
que la Grèce telle que nous la connaissons
aujourd'hui émergera petit à petit. Ainsi, en 1830,
le premier Etat grec indépendant ne comprend qu'une
partie limitée de la Grèce actuelle (le
Péloponnèse, la Grèce centrale, les Cyclades et les
Sporades).
C'est
alors que se développera la "Grande Idée",
la doctrine-clé de l'indépendance grecque qui avait
pour but ultime de rassembler l'ensemble des hellènes
sur un territoire libéré. La poursuite de ce concept
aboutira à la libération progressive des régions
grecques... et s'achèvera en 1922, après la
sanglante lutte gréco-turque à l'issue de laquelle
la Grèce perd les territoires d'Asie Mineure
jusqu'alors considérés comme l'un des berceaux de la
Grèce antique (Ephèse, Millet, Smyrne...). Un échange
de population entre les Grecs d'Asie Mineure et les
Turcs de Grèce est conclu à Lausanne en 1923. La Grèce
amputée par cette "Catastrophe" (comme les
Grecs nomment cet événement), trouve son homogénéité
nationale et le socle de son développement moderne
sur un territoire délimité.
Dès
lors, la question majeure deviendra celle de la
construction interne de la Grèce. L'instabilité
domine la vie politique grecque jusque dans les années
1970 : règne d'Othon, fils du roi de Bavière au
XIXème siècle, puis dictature de Métaxas de 1936
jusqu'à l'occupation allemande de la 2ème guerre
mondiale, suivie par une sanglante guerre civile de
1946 à 1949, et la prise du pouvoir par la junte
militaire en 1967 (dictature des colonels de 1967 à
1974)...
La
Grèce ne trouvera la stabilité politique qu'avec l'émergence
de la Troisième République instaurée en 1975. Son
adhésion à l'Union européenne en 1981, confirmera
cette stabilisation et inaugurera une ère nouvelle
pour le pays.
Mais,
pour comprendre la Grèce et sa singularité, il ne
faut pas oublier que cette histoire violente et dure a
eu des répercussions sociales majeures sur la
population grecque et que ces événements, qui
restent ancrés dans la mémoire du peuple grec, ont
grandement marqué la culture hellénique moderne.
Ø
Système
politique, constitution et institutions de la Grèce
moderne
La
Constitution grecque de 1975 définit le régime grec
moderne. La Grèce est une République parlementaire.
Le
pouvoir législatif est exercé par le Parlement qui
vote les lois et les rend publiques. Il est composé
de 300 députés élus au scrutin universel direct
pour un mandat de 4 ans. La scène politique est divisée
entre le PASOK (Mouvement socialiste pan-hellénique),
la Nouvelle Démocratie (Parti libéral conservateur),
le KKE (Parti Communiste grec) et le Synaspismos
(Coalition de gauche et du progrès).
Le
pouvoir exécutif revient au Président de la
République (élu tous les 5 ans par le Parlement -
c'est actuellement Konstantinos Stephanopoulos qui
exerce cette fonction) et au gouvernement. Ce dernier
est collectivement responsable de la politique
générale du pays. C'est le Premier ministre qui
dirige les actions du gouvernement ; il a une
place centrale dans le processus de prise de
décisions politiques. Kostas Simitis, chef du PASOK,
est l’actuel Premier Ministre de la Grèce.
Le
pouvoir judiciaire est exercé par des tribunaux aux
compétences civiles, pénales et administratives.
Ø
La
Grèce et l'Union européenne...
La
position géopolitique de la Grèce en fait un élément
majeur de stabilité du monde occidental. Ce dernier
sera donc très vite poussé à vouloir faire de ce
pays un allié (membre de l'OTAN dès 1952, en même
temps que la Turquie). La demande d'adhésion du pays
à la Communauté économique européenne sera prise
en considération dès 1959. La Grèce sera ainsi le
premier pays à signer un accord d'association avec la
CEE en 1961. Mais en 1967, en raison de l'instauration
de la dictature des colonels, et de l'abolition des
institutions démocratiques en Grèce, la marche du
pays vers l'Europe communautaire est suspendue. Cette
pause s'achèvera en 1974 avec la chute de la
dictature.
En
1981, la Grèce devient ainsi le 7ème Etat membre de
la CEE. Cette adhésion permet à la Grèce de
rapidement relever sa situation économique. Elle a bénéficié
de larges soutiens financiers européens pour l'amélioration
de ses infrastructures, ainsi que dans le secteur de
l'agriculture (pour les productions d'olive et de
tabac notamment). Ce dernier secteur, ainsi que celui
du tourisme constituent aujourd'hui les clés d'une économie
grecque saine et dynamique. L'adhésion de la Grèce
à la zone euro confirme cet état de fait. Désormais
la cas grec est, avec ceux de la péninsule ibérique,
l'un des meilleurs exemples du pouvoir de
stabilisation démocratique et de développement économique
induit par l'adhésion aux Communautés européennes.
Cela
se ressent aussi dans les priorités que le
gouvernement grec a voulu donner à sa Présidence de
l'Union européenne qui a débuté le 1er janvier 2003
et s’achèvera le 30 juin 2003. Ainsi, cette
présidence s'installe dans la continuité de la
Présidence danoise (achevée le 31 décembre 2002),
met l'accent sur l'élargissement en suivant le slogan
"Partager l'Avenir autour d'une Communauté de
valeurs".
Symboles
de ce choix:
-
le
logo de la Présidence représentant l'envol d'une
hirondelle qui symbolise la course vers
l'élargissement et le rameau d'olivier de la paix,
soutenus par les étoiles d’or et le bleu
européens
-
la lettre de Kostas Simitis adressée aux
citoyens européens dans laquelle le Premier ministre
grec annonce "Nous
voulons une Europe plus large, meilleure et plus
puissante (...) une Europe profondément démocratique
dans le respect des droits fondamentaux de tous les
citoyens et de tous les groupes sociaux. Une Europe
aux horizons et aux perspectives ouvertes. Une Europe
en tant qu'espace de liberté, de justice et de sécurité
pour tous les citoyens. Une Europe ayant des
institutions bien établies, démocratiquement légitimes
et efficaces tant pour l'élaboration des politiques
que pour la prise de décisions" Lettre de
Kostas Simitis du 13 janvier 2003,
http://www.ue2003.gr/fr/articles/
La
Grèce se concentrera sur plusieurs dossiers: l'élargissement
et la fin des travaux de la Convention sur l'avenir de
l'Europe ; l'emploi et notamment
l'accomplissement des objectifs fixés à Lisbonne en
2000, la sécurité maritime...
Ø
Arts,
Culture
La
dureté de l'histoire grecque a eu pour conséquence
de développer les contributions artistiques helléniques,
notamment au niveau littéraire et musical. Constantin
Cavafis, Nikos Kazantzakis, Georges Séféris (prix
Nobel de littérature 1963), dans la première moitié
du XXème siècle, Vassilis Alexakis et Aris Fakinos,
actuellement, sont des auteurs qui ont marqué le
genre littéraire. En poésie, Yannis Ritsos et Elytis
se sont illustrés par leur grande sensibilité.
Au
niveau musical Hadzidakis (rendu célèbre par
« Les enfants du Pirée », chanson du film
« Jamais le dimanche » interprétée par Mélina
Mercouri) et Mikis Théodorakis (compositeur du thème
musical du film Zorba le Grec) sont ceux qui, par le
biais du cinéma, ont réussi à faire connaître le
style musical grec bien particulier. Imbibé de
consonances orientales au rythme du bouzouki et du
baglama, les voix grecques portent l'auditeur dans un
monde grave et réaliste ou tout au contraire d'une
extrême insouciance.
"Deux grand
cycles ont nourri la musique populaire grecque: le
cycle acritique (IX-XI siècles) qui raconte la vie et
les combats des acrites (les gardes frontaliers de
l'Empire byzantin), et le cycle klephtique qui célèbre
les klepthes, à la fois bandits et héros combattants
l'occupant turc. Dans un style propre à chaque région,
rude dans les montagnes, lyrique dans les îles, la
musique dimotiko reflète la lutte du peuple grec pour
la liberté, ses joies, ses tristesses, ses attitudes
face à la mort. Les chansons du folklore des villes
n'existent plus aujourd'hui (rebetika) mais elles sont
sources d'inspiration pour de nombreux
compositeurs".
Guide
Gallimard, p.72
« C’était
dans ce quartier que du matin au soir nous avons
passé et perdu notre vie ; c’était dans ce
quartier dans l’étroite ruelle que nous avons vécu
cachés, même loin de Dieu ; c’était dans ce
quartier que les peines nous ont étouffées, que nous
avons été emportés et trahis pour une bouchée de
pain »
S’afti ti gitonia (Dans ce quartier), chanson de
Mikis Théodorakis
La
production cinématographique grecque a aussi permis
de transporter une part de la culture hellénique. De
Kakoyannis pour « Zorba le grec », à
« L'éternité est un jour » de Théo
Angelopoulos qui remporta la Palme d'or à Cannes en
1998, en passant par Elia Kazan (« Un tramway
nommé désir », « A l'Est d'Eden »,
« America America »), les metteurs en scène
grecs ont su marquer leur temps.
Ø
Le
retour aux sources: les Jeux Olympiques d'Athènes en
2004
D'après
la tradition antique, les premiers JO eurent lieu en
776 avant JC. Les Jeux se déroulaient alors comme
aujourd'hui tous les 4 ans. Pendant cinq jours, Zeus
l'Olympien était fêté par athlètes et spectateurs
venus de tout le monde grec, au cours de joutes
sportives allant de la course à pied à la course de
chars ou de chevaux, en passant par la lutte, le saut
en hauteur et le pentathlon. Ce n'est qu'au 4ème siècle
après JC que les Jeux Olympiques antiques furent
suspendus à la suite du décret du romain Théodose,
interdisant les rites païens.
Après
15 siècles d’absence, les JO reprennent du service
en 1876. Les premiers Jeux modernes eurent lieu à
Athènes et leur cérémonie d'ouverture se déroula
sur le site antique d'Olympie. Cent trente huit ans
plus tard, Athènes sera de nouveau à l'honneur. La
torche olympique qui portera les messages et valeurs
de ces Jeux représente une
feuille d'olivier symbole de paix. A ce titre, l’année
2004 a été décrétée " Année
européenne du sport ".
Ø
Folklore
et Gastronomie
Le
folklore grec diverge de celui que nous avons
l'habitude de rencontrer en Europe par son fort
ancrage oriental et sa tradition orthodoxe. La plus
grande fête populaire grecque se déroule ainsi à
Pâques. Durant la Semaine Sainte, les processions
avec des cierges aux tailles démesurés et les fêtes
tardives se succèdent. Une tradition bien
particulière réside dans la confection d’œufs
durs teints en rouge pour le mercredi Saint. Il est de
coutume que chaque membre de la famille prenne un œuf
et casse la coquille de celui de son voisin. Le
dernier à posséder un œuf intact aura chance et
joie durant l’année à venir…
La
musique grecque est teintée de l’histoire du pays
et de la mémoire de son peuple. Rien de plus normal
donc que la danse s’y trouve associée de façon si
persistante. Les grecs dansent avec leur âme sur les
rythmes orientaux, comme les danseurs de flamenco. La
plupart des danses s’apparentent à des duels
masculins : à tour de rôle, chaque homme
« montre ce dont il est capable » pendant
que les autres membres de l’assemblée l’applaudissent
agenouillés. Il existe aussi des danses typiques et
locales, dansées par hommes et femmes ensemble et
indistinctement. Le syrtaki demeure un enchaînement
de pas inspiré des danses grecques mais simplement
mis en chorégraphie pour le film « Zorba le
grec ».
La
population se retrouve pour danser dès que le décor
le permet : durant les fêtes locales, mais aussi
dans tous les restaurants et cafés où la musique
« inspire ». Les grecs, comme tous les
peuples méditerranéens, aiment se retrouver au
restaurant tard le soir, surtout pendant les
longues soirées d’été. La journée, ce sont les
cafés qui sont remplis, traditionnellement d’hommes
qui jouent au bagammon ou tournent dans une main le
komboloï (sorte de chapelet qui au fil du temps a
perdu sa signification religieuse pour devenir un
passe-temps) en buvant leur ouzo.
Ø
Le
régime crétois
Des
statistiques médicales démontrent que la population
crétoise souffre moins des maladies
cardiovasculaires, et de cancers du sein et du côlon.
Beaucoup se sont interrogés sur le pourquoi d’une
telle singularité : les spécialistes en sont
venus à décrire l’alimentation comme principal
facteur. C’est pourquoi le régime crétois est
aujourd’hui reconnu à travers le monde comme étant
l’un des plus sains.
Mais,
en quoi consistent les habitudes alimentaires
crétoises ? Les crétois consomment des fruits
et légumes de saison de façon abondante. Ceux-ci
sont assaisonnés d’huile d’olive, dont les
propriétés anti-cancéreuses ont été démontrées
par les plus grands spécialistes. Peu de viandes et
de poissons sont consommés, de même que les produits
laitiers.
Ce
régime est aussi particulièrement lié au climat
crétois fort ensoleillé toute l’année, mais sans
graves problèmes de sécheresse, qui permet aux
habitants de l’île, outre la production de produits
sains et variés, de vivre dans des conditions
particulièrement appréciables.
La
philosophie grecque en quelques clics
C’est
au sein du monde grec que la philosophie ou
« amour de la sagesse » fait son
apparition, en Asie mineure, vers le VIIème siècle
av. JC, pendant la période classique. La naissance de
la philosophie est marquée par l’interrogation sur
la cause ultime du problème du devenir, du
changement. Des origines à la fin de l’époque
classique, on distingue six grandes périodes dans l’histoire
de la philosophie grecque : les présocratiques,
Socrate, les sophistes, Platon, Aristote, et le
philosophes post-socratiques :
http://www.ac-orleans-tours.fr/lang_anciennes/philola/Panorama.htm
http://www.goldtronics45.com/jfbradu/GRECEANTIQUE/themes/philo.htm
http://www.jbphi.com/ref_auteurs/philogrecque_refs/philogrecque.html
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/jb/jb_2922_p0.html
: littérature et philosophie de la Grèce
antique.
Ø
les
présocratiques
Thalès de Milet :
http://philoctetes.free.fr/thales.htm
Pythagore :
http://www.infoscience.fr/histoire/biograph/biograp.php3 ?Ref=54
Ø
Socrate
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Socrate
http://perso.wanadoo.fr/sos.philosophie/socrate.htm
http://www.educnet.education.fr/lettres/lycee/grec/seq2_3gr.htm
http://www.maths.net/philo/socrate.htm
http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/socrate/socrate0.htm
Ø
et
les sophistes
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/ni/ni_970_p0.html
http://www.cyberphilo.com/def/sophistes.html
http://www.av-versailles.fr /pedagogi/anti/educatio/edathen2.htm
Ø
Platon
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Platon
http://mper.chez.tiscali.fr/auteurs/Platon.html
Ø
Aristote
http://www.infoscience.fr/histoire/portrait/aristote.html
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Aristote
Ø
et
les philosophes
post-socratiques
http:/www.ac-orleans-tours.fr/lang_anciennes/philola/Panorama.htm
http://www.goldtronics45.com/jfbradu/GRECEANTIQUE/themes/philo.htm
http://www.jbphi.com/ref_auteurs/philogrecque_refs/philogrecque.html
La
Grèce sur Internet
http://www.ue2003.gr :
le site de la présidence grecque de l’Union
européenne
http://www.amb-grece.fr/presse :le
site de l’ambassade de Grèce en France.
http://www.europole.u-nancy.fr/cce/kiosque/grece.htm :
présentation, histoire, géographie, société,
institutions politiques, presse …
http://hellada.free.fr :
un site sur la Grèce antique.
http://www.grece.infotourisme.com :
le site de l’office national hellénique du
tourisme.
http://www.la-grece.com :
un site pour les touristes sur le départ.
Delphine
Lemarinier
*
* * * * * * * * *
Des
nouvelles de la Convention pour l’avenir de l’Europe
« L’Union doit devenir plus
démocratique, plus transparente et plus efficace. Et
elle doit relever trois défis fondamentaux :
comment rapprocher les citoyens , et en premier lieu
les jeunes, du projet et des institutions
européennes ? Comment structurer la vie
politique et l’espace politique européen dans une
union élargie ? Comment faire de l’Union un
facteur de stabilisation et un repère dans le monde
nouveau multipolaire ? »
Extrait
de la Déclaration de Laeken sur l’avenir de l’Union
européenne
« Un
demi-siècle après Jean Monnet, l’analyse du
« père de l’Europe » reste
pertinente : « rien n’est possible sans
les hommes, rien n’est durable sans les
institutions »
ainsi commençait le journaliste du Figaro Pierre
Bocev, dans son article sur la Convention européenne
du 20 janvier 2003.
La
convention sur l’avenir de l’Europe est aujourd’hui
à mi-parcours. Faisant un point dans Le
Monde le 13 janvier dernier, son président
Valéry Giscard d’Estaing mentionnait :
« L’Union
européenne est à la fois une union de peuples et une
union d’Etats. C’est ce qui fait son originalité,
et son ambiguïté ! Lorsqu’elle se ressent
comme une union d’Etats, les droits des Etats
doivent être égaux. Lorsqu’elle se ressent comme
une union de peuples, ce sont les droits des citoyens
qui doivent être égaux : droit à une
représentation égale, et à un accès équivalent
aux différentes fonctions de l’Union. »
Lors
de la session des 27 et 28 février 2003, les
réflexions portaient sur les sept premiers articles
de la Constitution et la discussion s’est focalisée
sur des sujets essentiels tels que la nature de l’Union,
ses valeurs et le statut de la Charte des droits
fondamentaux dans la future Constitution.
A
propos de la
nature de l’Union, une minorité d’intervenants
s’est clairement prononcée contre le maintien du
terme « fédéral » dans l’article 1 de
la Constitution. Certains conventionnels faisaient
notamment remarquer que ce terme pouvait choquer dans
certains pays et proposaient d’y substituer l’expression
« méthode communautaire ». Cependant,
comme l’a souligné le député européen Olivier
Duhamel, seuls 15% des conventionnels voulaient
supprimer ce mot qui pouvait par conséquent être
accepté par la majorité.
Les
interrogations concernant les
valeurs de l’Union ont également été
nombreuses, notamment sur la question de savoir quel
statut accorder à la Charte
des droits fondamentaux dans le projet de
Constitution. Le Président de la Convention, Valéry
Giscard d’Estaing, a proposé qu’elle constitue la
seconde partie du volet constitutionnel.
La
question controversée d’une référence
aux valeurs religieuses a aussi donné lieu à
des vues très tranchées. Les Eglises chrétiennes
qui militent en faveur d'une telle référence dans la
future Constitution disposent de soutiens nombreux et
diversifiés au sein de la Convention. Les partisans
d'une référence religieuse dans la Constitution se
retrouvent dans les rangs des conventionnels italiens,
slovaques ou luxembourgeois. Mais c'est surtout la
Pologne qui, comme le souligne Jean Quatremer, "comme
un seul homme, s'est rangée derrière le Saint-Siège"
(Libération du vendredi 28 février 2003). Le débat
s'est ainsi cristallisé autour de l'article 2
consacré aux valeurs de l'Union. Et comme le fait
remarquer Jonathan Faull (porte-parole de la
Commission), ce débat revêt également une dimension
juridique. En effet, une référence aux valeurs
religieuses intégrée dans la Constitution "aura des conséquences importantes sur l'interprétation des textes
européens. Il
ne s'agit donc pas seulement d'un débat philosophique"
(Jonathan Faull, cité par Jean Quatremer dans
Libération du 28 février 2003). Les défenseurs de
la laïcité estiment, quant à eux, avec Louis
Michel, le Chef de la diplomatie belge, que : "l'Europe
n'est ni monoreligieuse, ni monoculturelle"
et que "son
modèle est fondé sur l'Etat impartial"
(Louis Michel cité par Jean Quatremer, Libération du
28 février 2003). Dominique de Villepin et Ana de
Palacio, par exemple, ont fait savoir que, selon eux,
une référence aux valeurs religieuses dans le futur
traité n’était pas souhaitable.
D’autre
part, l’adoption le 14 janvier dernier de la
« contribution franco-allemande sur l’architecture
institutionnelle de l’Union » a été perçue
comme un tournant dans les travaux de la Convention.
Une grande partie des propositions franco-allemandes
est soutenue par de nombreux représentants. L’idée
d’un poste
fixe de président du Conseil européen, au lieu
de l’actuelle présidence semestrielle tournante,
est par contre rejetée par la majorité des
conventionnels issus des petits pays. Cela
institutionnaliserait, selon eux, une
« cohabitation à la française ». Mais
surtout, l’équilibre entre la Commission et le
Conseil européen risquerait d’être rompu au profit
de ce dernier. Or, pour ces pays, l’exécutif
européen incarné par la Commission est perçu comme
une protection contre la volonté dominatrice ou
supposée telle des grands Etats. Seize d'entre eux se
sont ligués pour rendre publique, vendredi 4 avril,
une contribution signée des représentants de leurs
gouvernements. Cette contribution souligne leur
attachement à la présidence tournante du Conseil
européen et leur refus d'une présidence permanente
souhaitée par les "grands pays". Ces seize
pays appartiennent à l'Union actuelle ou s'apprêtent
à la rejoindre (Chypre, Hongrie, Danemark, Autriche,
Suède, Lettonie, République tchèque, Slovaquie,
Bulgarie, Portugal, Lituanie, Estonie, Irlande,
Slovénie, Malte et Finlande) (Le Monde du 7 avril
2003).
Enfin,
l’attitude des Etats membres dans la crise
irakienne est en contradiction avec l’article
14 de la future Constitution qui stipule :
« Les
Etats membres appuient activement et sans réserves la
politique étrangère et de sécurité commune de
l’Union dans un esprit de loyauté et de solidarité
mutuelle. Ils s’abstiennent de toute action
contraire aux intérêts de l’Union ou susceptible
de nuire à son efficacité ». La crise
irakienne, en mettant en évidence les divisions de l’Europe,
porte un coup aux ambitions des Quinze de parler d’une
seule voix. Même si, dans un premier temps, il semble
que cette crise rende plus difficile le travail de la
Convention, il se pourrait qu’elle constitue par la
suite une incitation
supplémentaire à une coordination plus
poussée dans le domaine de la politique étrangère.
Le
document final, synthèse des travaux des différents
groupes de travail de la Convention, devrait être
remis aux chefs d’Etat et de gouvernement en juin
2003 à Thessalonique. Ce sont eux
qui décideront ensuite lors d’une
Conférence intergouvernementale (CIG) de l’adoption
formelle du projet de Constitution qu’ils
soumettront ensuite à la ratification dans l’ensemble
des pays de l’Union. Le nouveau traité
constitutionnel sera appelé à se substituer aux
différents traités -traité de Rome, Acte unique,
traités de Maastricht, d’Amsterdam puis de Nice-
qui se sont superposés et complétés depuis 1957.
La
signature des traités d'adhésion des 10 nouveaux
membres lors du sommet d'Athènes, le 16 avril dernier
a été l'occasion pour Valéry Giscard d'Estaing de
présenter l'état d'avancement de ce vaste chantier.
Cette présentation constituait même l'unique ordre
du jour du Conseil européen du 16 avril. Ce fut également
une occasion unique pour Valéry Giscard d'Estaing
"d'écouter
les chefs d'Etat et de gouvernement avant d'engager le
sprint final vers la mise au point d'un projet de
constitution pour l'Europe élargie" (Pierre
Bocev, Le Figaro du 16 avril 2003). Le sommet d'Athènes
offrait ainsi pour la première fois aux chefs d'Etat
et de gouvernement l'opportunité de débattre entre
eux des travaux de la Convention.
A
l’issue de ce sommet, seul un seul point de
consensus semble se dégager. La nomination d’un
Ministre des affaires étrangères de l’Union semble
en effet faire l’unanimité. Mais en dehors de cela
de nombreuses divergences subsistent dont la plus
importante reste celle qui oppose les
« petits » et les « grands »
pays au sujet d’une présidence tournante ou de la
désignation d’une présidence stable.
La
question des conséquences pour un Etat membre de ne
pas ratifier un traité, et en particulier la nouvelle
constitution, continue de faire l'objet de
controverses. Valéry Giscard d'Estaing envisage une
"clause de sortie", une procédure
permettant à un pays de quitter l'Union.
L'intégration
dans la future Constitution d'avancées significatives
en matière de politique étrangère commune semblent
quant à elle fortement compromise par la crise
irakienne. On estime en effet qu'il faut au préalable
que les Vingt-Cinq réfléchissent sur la nature du
lien transatlantique et donc sur l'identité européenne
(Jean Quatremer, Libération du 16 avril 2003).
Ces
dernières semaines, Valery Giscard d’Estaing n’avait
pas exclu de prolonger de quelques semaines les
travaux de la Convention afin de « peaufiner
certains articles ». Cependant lors du sommet d’Athènes,
il a été décidé que le projet de Constitution sera
présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement le 20
juin à Thessalonique comme prévu initialement. En
effet, le risque qu’un retard dans les travaux de la
Convention fasse « boule de neige » était
important. Les Etats membres avaient fait savoir qu’ils
souhaitaient disposer d’un laps de temps suffisant
pour pouvoir discuter les résultats de la Convention
avant la CIG de décembre 2003. Quatre Etats membres
(Suède, Finlande, Danemark et Grande-Bretagne) et six
pays candidats (Pologne, Hongrie, Slovaquie,
République tchèque, Lituanie et Lettonie) ont en
effet réclamé un "délai
de réflexion" "entre la fin de la
Convention et le début de la CIG afin de pouvoir
"assimiler
et discuter" ses résultats.
* *
*
Dernières
nouvelles…
Deux
documents ont été remis le mercredi 23 avril aux
conventionnels afin de les aider à poursuivre leurs réflexions
sur le traité constitutionnel.
Dans
le projet d’articles concernant les institutions de
l’Union européenne, la présidence de la Convention
européenne propose notamment que le Parlement
européen exerce « conjointement » avec le
Conseil des ministres la fonction législative.
Le Conseil européen serait doté d’un
président élu par le conseil à la majorité
qualifiée pour une durée de deux ans et demi
renouvelable une fois. Le président du Conseil
assumerait une fonction de « représentation
extérieure de l’Union ».
La
Commission européenne serait composée d’un
président et d’un maximum de quatorze commissaires.
Enfin,
la présidence de la Convention
propose que les fonctions de l’actuel Haut
représentant de l’Union pour la politique
étrangère et de sécurité commune (PESC) et du
commissaire européen chargé des Relations
extérieures soient reprises par un ministre des
Affaires étrangères. Nommé par le Conseil européen
avec l’accord du président de la Commission
européenne, il serait également vice-président de
cette dernière.
Le
deuxième document soumis aux conventionnels traite de
l’action extérieure de l’Union européenne.
Tirant les leçons de la crise en Irak, la présidence
de la Convention encourage « la convergence et
la solidarité mutuelle ». Pour ce faire, elle
propose de prévoir dans le futur traité
constitutionnel des « mécanismes institutionnels
plus efficaces ». Elle envisage notamment une
« clause de solidarité », qui permettrait
de mobiliser les moyens militaires de l’Union
européenne pour « prévenir la menace
terroriste » et « protéger les
institutions démocratiques et la population
civile » des Etats membres.
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Propositions
conjointes franco-allemandes pour
la Convention sur l’avenir de l’Europe
Quelques
extraits de la Convention européenne des jeunes adoptée
à Bruxelles en juillet 2002
A
l’occasion du 40ème anniversaire du Traité
de l’Elysée, les Français et les Allemands ont
proposé une présidence bicéphale pour l’Union
européenne, avec un président du Conseil
européen désigné pour cinq ans (ou deux ans et demi renouvelable)
et un président de la Commission élu par le Parlement européen. Le Conseil européen élirait
son président à la majorité qualifiée. Ce président
du Conseil aurait deux fonctions principales :
-
il préparerait, présiderait et animerait les
travaux du Conseil européen et veillerait à l’exécution
de ses décisions ;
-
il représenterait l’Union sur la scène
internationale lors des rencontres des chefs d’Etat
ou de gouvernement, sans préjudice des compétences
de la Commission et de son Président, sachant que la
conduite quotidienne de la politique étrangère et de
sécurité commune reviendrait au Ministre européen
des Affaires étrangères.
Quant
à la Commission européenne, sa désignation et celle
de son président interviendrait au lendemain des
élections au Parlement européen. Après l’élection
du président de la Commission par le Parlement
européen à une majorité qualifiée de ses membres,
celui-ci serait approuvé par le Conseil européen
statuant également à la majorité qualifiée.
Le
président de la Commission constituerait ensuite son
collège en tenant compte des équilibres
géographiques et démographiques. Après approbation
du Parlement européen, les membres de la Commission
seraient nommés par le Conseil, statuant à la
majorité qualifiée. La Commission deviendrait par
ailleurs responsable à la fois devant le Parlement
européen et le Conseil européen.
Enfin,
afin d’assurer une plus grande cohérence et une
plus forte lisibilité à la politique extérieure de
l’Union européenne, le couple franco-allemand a
proposé que les fonctions de Haut représentant et de
Commissaire chargé des relations extérieures
(actuellement distinctes) soient exercées par une
seule et même personne, un Ministre
européen des Affaires étrangères.
Le
Ministre européen des Affaires étrangères
disposerait d’un droit d’initiative formel en
matière de politique étrangère et de sécurité
commune et présiderait les Conseils des ministres
chargés des relations extérieures et de la défense.
Il
serait nommé par le Conseil européen à la majorité
qualifiée, en accord avec le président de la
Commission européenne et participerait en tant que
membre de la Commission doté d’un statut spécial,
aux réunions de la Commission.
Ces
propositions ont été examinées par les membres de
la Convention sans toutefois faire l’unanimité. Les
petits pays notamment ont clairement signifié qu’ils
se méfiaient d’un président de l’Europe à la
tête du Conseil. Ils craignent en effet que celui-ci
soit monopolisé par les Grands Etats.
* *
*
« Les pères
fondateurs savaient que leur système, qui reste la
base de l’intégration, serait appelé à évoluer,
à se transformer dès le moment où la construction
européenne allait dépasser l’intégration
économique pour aborder les sujets politiques. Jean
Monnet, qui était dans ce sens aussi visionnaire que
pragmatique, rappelle dans ses Mémoires : « La
Communauté avait un objet limité aux solidarités
inscrites dans les traités, et si nous avions
toujours pensé que ces solidarités en appelleraient
d’autres, et de proche en proche entraîneraient l’intégration
la plus large des activités humaines, je savais que
leur progrès s’arrêterait aux limites où commence
le pouvoir politique. Là, il faudrait à nouveau
inventer » (« Mémoires de Jean
Monnet »,
Arthème
Fayard, 1976)
Voici donc le défi
historique de la Convention. Il ne s’agit pas de
marquer sa préférence pour la méthode communautaire
contre la coopération intergouvernementale. Il ne s’agit
pas non plus de choisir entre Monnet et Metternich. Il
s’agit de bâtir, autour des acquis de l’intégration
européenne et des trois institutions européennes que
sont le Conseil, le Parlement et la Commission, c’est-à-dire
autour du marché unique, et de la monnaie unique, un
système cohérent plus large. Il doit être en mesure
de faire fonctionner notre Union avec un nombre
supérieur d’Etats membres et aussi, dans les
décennies à venir, de permettre d’agir
efficacement dans des domaines politiques pour
lesquels nous ne sommes aujourd’hui qu’au début
de notre coopération.
Notre démarche s’inscrit
donc –dans la pensée de Jean Monnet lui-même–
dans la continuité, mais dans une continuité qui
doit s’adapter, qui doit rester innovatrice face à
des changements historiques forts.
Pour répondre
collectivement à ces défis, il nous faut être aussi
innovateurs et pragmatiques que Jean Monnet et sa
génération l’ont été à leur époque : nous
faisons du « Monnet rénové ».
* *
*
Quelques
extraits de la Convention européenne des jeunes
adoptée à Bruxelles en juillet 2002
« Nous, les
jeunes d’Europe, avons une occasion historique de
faire entendre notre voix quant à l’avenir de l’Europe.
Nous sommes la première
génération à vivre dans une Europe sans le rideau
de fer.
Nous
voulons une Europe de la tolérance et d’ouverture
associant toutes les composantes de la société. Nous
voulons une Europe bâtie sur les valeurs
fondamentales que sont la paix, la liberté, le
dialogue, l’égalité, la solidarité et le respect
des droits de l’homme et régie par le principe d’égalité
entre les Etats membres. Au centre de notre vision de
l’avenir, il y a une Europe qui est responsable de
ses citoyens et qui leur rend des comptes. Le moment
est venu de créer une véritable citoyenneté
européenne. »
Elsa
Glombard - Marine Gouédard
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Conseils
européens de Copenhague et d’Athènes:
Vers
une Europe à 25
Le
Conseil européen de
Copenhague, réuni les 12 et 13 décembre derniers, a
vu la conclusion des négociations d’adhésion avec
10 des 13 pays candidats à l’Union européenne (Chypre,
la République tchèque,
l’Estonie,
la Hongrie,
la Lettonie,
la Lituanie,
Malte, la Pologne,
la République slovaque et la Slovénie).
Quelques
mois plus tard, le 16 avril 2003, les chefs d'Etat et
de gouvernement des 15 membres actuels et des 10 pays
candidats se retrouvaient à Athènes pour signer le
traité d'adhésion. Ainsi, la procédure d'élargissement
se poursuit et devrait s'achever le 1er mai
2004, sous réserve des procédures de ratification.
Ces pays sont d'ores et déjà observateurs au
Parlement européen, au Conseil des ministres et au
Conseil européen.
Dès
le 1er mai 2004, ils auront également un
Commissaire européen (sans portefeuille jusqu’à la
fin de la Commission actuelle, puis avec portefeuille
le 1er novembre 2004 au sein de la
nouvelle Commission à 25). Les dispositions du
traité de Nice concernant la Commission et le mode de
scrutin du Conseil entreront en vigueur à cette même
date. Enfin, ils participeront pleinement aux
prochaines élections au Parlement européen de juin
2004 ainsi qu'à la prochaine Conférence
intergouvernementale dont l’objectif est de rédiger
une Constitution pour l’Europe. Celle-ci devrait
être adoptée après l’adhésion des nouveaux pays
membres.
Le
Conseil européen de Copenhague a, par ailleurs,
validé, dans le respect des plafonds des perspectives
financières 2000-2006 agréées à Berlin, un cadre
financier pour l’élargissement de 2004 à 2006. Le
11 février 2003, la Commission européenne a adopté
une proposition de cadre financier de l’élargissement
reflétant les décisions prises par le Conseil
européen de Copenhague. Le montant des crédits d’engagement
pour les années 2004, 2005 et 2006 s’élève ainsi
à 45,161 milliards d’euros. Les 10 nouveaux
adhérents bénéficieront progressivement des aides
directes versées aux agriculteurs des autres Etats
membres en partant d’un niveau de 25% des aides
actuellement versées aux agriculteurs des 15 pour
atteindre 100% en 2013.
Concernant
l’île de Chypre,
le Conseil européen de Copenhague a confirmé qu’elle
serait également admise le 1er
mai 2004. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont
cependant rappelé qu’ils « préfèreraient
voir intégrer à l’UE une Chypre réunifiée ».
Après l'échec des négociations menées sur la base
des propositions du Secrétaire général des
Nations-Unies, le Conseil a décidé que l’intégration
à l’Union européenne de la partie Nord de l’île sera suspendue jusqu’à ce que
le Conseil, statuant à l’unanimité en décide
autrement.
Le
Conseil a également réaffirmé que l’Union se
donnait comme objectif d’accueillir la bulgarie
et la
Roumanie en 2007. Les négociations
d’adhésion avec les gouvernements bulgare et
roumain se poursuivront sur la base des principes qui
ont guidé les négociations d’adhésion. Les deux
pays participeront à la prochaine Conférence
intergouvernementale en qualité d’observateurs.
Quant
à la Turquie, le
Conseil européen a rappelé la décision prise en
1999 à Helsinki, selon laquelle la Turquie a
vocation à rejoindre l’Union sur la base des
mêmes critères que ceux qui s’appliquent aux
autres pays candidats. Tout en encourageant « énergiquement »
la Turquie à poursuivre le processus de réforme
engagé. Le Conseil européen lui a fixé un nouveau
rendez-vous en décembre 2004 afin d’évaluer les
résultats du processus de réforme du pays et de
lui donner une date pour l’ouverture des
négociations.
Les
responsables des pays membres comme ceux des pays
candidats ont manifesté à l’issue de ce sommet
une véritable satisfaction. Le Premier ministre
danois et à l’époque président en exercice de l’Union
européenne -rappelons que la présidence de l’Union
européenne est tournante et change tous les six
mois- a parlé d’un « jour historique pour les peuples d’Europe et du monde. »
« En 1989, des gens courageux et visionnaires
ont brisé le mur de Berlin. » a-t-il
commenté.
« Ils ne pouvaient tolérer plus longtemps la
division forcée de l’Europe. Nous avons répondu
à leurs espoirs. Nous avons décidé de créer une
seule Europe. Aujourd’hui, nous avons clos un des
chapitres les plus sanglants et les plus sombres de
l’histoire européenne. Nous avons ouvert un
nouveau chapitre. » Le premier ministre
hongrois, Peter Medgyessy, quant à lui, n’a pas
caché sa joie : « Nous sommes de retour à la maison, en Europe, ce qui nous offre
des opportunités à ne pas manquer. Ce succès,
nous le méritons par notre culture millénaire, nos
valeurs et notre façon de penser. »
Malgré
les clivages révélés à l'occasion de la crise
irakienne, les chefs d'Etat et de gouvernement ont
signé avec émotion le Traité d'adhésion à
Athènes le 16 avril dernier. Jacques Chirac
déclarait notamment : « Ce
n’est pas seulement l’élargissement de l’Europe
que nous célébrons, c’est son unification. 450
millions d’Européens vont se rassembler dans le
plus vaste projet d’intégration jamais entrepris
par des voies pacifiques. Le jour que nous vivons
voit se réaliser une formidable espérance. »
(cité par Jean Quatremer dans Libération du 17
avril 2003)
Cette
cérémonie très symbolique clôture sept années
de travaux et de débats visant à intégrer les
pays ex-communistes et méditerranéens dans la
famille européenne.
A
l’occasion du sommet européen de Copenhague, le
site du Premier ministre a créé une nouvelle
rubrique sur l’élargissement. Conçue comme un
portail thématique, la rubrique revient sur les
projets portés par le Gouvernement au niveau
européen. La rubrique « Europe » propose
également des fiches synthétiques et des liens vers
les sites sur l’Europe de manière à présenter une
vision claire des institutions de l’Union, de la
diversité de ses régimes politiques et de la place
de la France en son sein. Par ailleurs, dans le cadre
du dialogue du gouvernement avec les citoyens
français sur l’Europe, un nouveau site sera mis en
ligne, au cours du premier semestre 2003, afin de
suivre les Forums « Europe » dans les
régions et les campagnes d’information sur l’élargissement
de l’Union.
http://www.premier-ministre.gouv.fr
Elsa
Glombard - Marine Gouédard
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Le
traité de l'Elysée,
un mode d’emploi
pour de bonnes relations franco-allemandes
Portraits
du Chancelier Adenauer et du Général de Gaulle
Le 40ème anniversaire du traité de
l’Elysée, cérémonies et déclarations
Le retour du couple franco-allemand sur la scène
européenne
Extraits
d’une interview de Jacques Delors, président de
l’Association « Notre Europe » et ancien
président de la Commission européenne
Le
22 janvier 1963, le général de Gaulle, 73 ans, et le
chancelier allemand Adenauer, 87
ans, engageaient par
ce nouveau traité les deux pays sur la voix d’une
coopération approfondie et irréversible.
L’objectif
était double : achever de guérir l’Allemagne
de ses vieux démons en la liant à la France dans une
coopération si étroite qu’elle concerne tous les
domaines liés à l’exercice de la souveraineté
nationale : politique, militaire, économique,
universitaire … mais aussi consolider
l’association franco-allemande afin de lui permettre
de jouer un rôle moteur dans la construction européenne,
qui, après le traité de Paris, (traité de la
Communauté européenne du Charbon et de l’Acier),
signé en avril 1951 et déjà basé sur le couple
franco-allemand, et les traités de Rome (traité de
la Communauté économique européenne et traité
Euratom), signés en mars 1957, poursuivait pas à pas
sa progression.
Enfin,
il ne s’agissait pas seulement de mettre en place
des mécanismes de consultation étroits entre les
gouvernements, mais aussi d'intégrer les citoyens des
deux pays dans le processus de réconciliation, afin
de donner à l’amitié une large base et un
enracinement profond.
Cela
s’est fait notamment par les échanges de jeunes et
le travail particulièrement efficace de l’Office
franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ),
dont le traité de l’Elysée prévoyait la création.
Le
mérite de la réconciliation franco-allemande ne
revient pourtant pas historiquement au traité de
l’Elysée. Cette longue marche de l’hostilité à
la coopération avait commencé bien avant et le véritable
pacte fondateur de la réconciliation franco-allemande
est la déclaration Monnet-Schuman du 9 mai 1950, qui,
politiquement, a amorcé le rapprochement
franco-allemand et jeté les bases d'une union européenne
fondée sur des « réalisations concrètes »
et non plus sur des principes abstraits. Mettre en
commun le charbon et l’acier, les ressources
essentielles de l’époque, c’était rendre
impossible, une nouvelle guerre franco-allemande.
"Pour Konrad
Adenauer, le Plan Schuman était une divine surprise.
Il ne lui fut transmis que le 8
mai 1950 par un émissaire spécial. Il était
en train de finaliser la rédaction d'un mémoire
consacré aux problèmes de l'adhésion de la République
Fédérale au Conseil de l'Europe. (…) Sans engager
de consultation, Konrad Adenauer répondit immédiatement
et très favorablement au plan français. Il le fit en
deux lettres à Robert Schuman : l'une officielle et
prudente, l'autre personnelle et enthousiaste, heureux
que "avec le plan du gouvernement français, les
relations entre nos deux pays qui risquaient de se
bloquer dans la méfiance et dans les réserves
mutuelles entrent dans un nouvel élan de coopération
constructive". Dans sa conclusion, cette lettre
revient au cœur du problème : "Pour la première
fois depuis la catastrophe de 1945, l'Allemagne et la
France participent comme partenaires égaux
(gleichberechtig) à une tâche commune." Extrait de l'intervention de Robert Picht, Directeur
de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg,
au colloque "Europe, Hier, Aujourd'hui,
Demain" organisé le 9 mai 2000 par l'Association
Jean Monnet et
la Fondation Robert Schuman
à l'occasion du cinquantième anniversaire de
la déclaration Schuman.
*
*
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Konrad Adenauer
(1876-1967) : Homme politique allemand né à
Cologne en 1876. Avocat puis maire de Cologne (1917),
il fut un membre influent du Centre catholique.
Destitué par les nazis en 1933 et plusieurs fois arrêté,
il est contraint de quitter Cologne et se retire de la
vie politique. Après la deuxième guerre mondiale, il
se consacre à la fondation de l’Union chrétienne
(CDU) dont il fut président et devînt, en 1949, le
premier chancelier de la République fédérale
d’Allemagne. Pendant quatorze années, au cours
desquelles il fût réélu plusieurs fois, Adenauer a
mené une politique d’intégration de l’Allemagne
dans l’Europe occidentale et de reconquête de ses
droits sur le plan international. En donnant, le 9 mai
1950, son accord à Robert Schuman sur le texte préparé
par Jean Monnet puis en signant avec le général de
Gaulle le traité de l’Elysée, il devînt un des
principaux artisans de la réconciliation
franco-allemande. Il démissionna de ses fonctions de
chancelier en octobre 1963, cédant la place à Ludwig
Erhard.
Charles de Gaulle (1890-1970) :
Homme d’Etat et général français. D’une famille
catholique, libérale et cultivée, il s’orienta très
tôt vers une carrière militaire. Appelé par Paul
Reynaud comme sous-secrétaire à la Défense
nationale le 6 juin 1940, il se montra déterminé à
la poursuite de la guerre avec, au besoin, un repli du
gouvernement hors du territoire métropolitain. Ayant
gagné Londres le 17 juin (2), après la formation du
cabinet Pétain, Charles de Gaulle y lança le fameux
« appel du 18 juin » pour la continuation
de la lutte contre les forces de l’Axe aux côtés
de la Grande-Bretagne. Il siège ensuite auprès de
Jean Monnet au sein du Gouvernement français
provisoire à Alger. Arrivé à Bayeux après le débarquement
allié en Normandie, puis à Paris libéré en août
1944, Charles de Gaulle s’imposa alors comme chef
politique, rétablissant l’autorité du pouvoir
central.
Choisi
par la première Assemblée nationale constituante
comme président de Gouvernement provisoire de la République
française (novembre 1945), Charles de Gaulle, qui
craignait un retour aux institutions et aux pratiques
de la IIIème République (division des partis,
parlementarisme), avait proposé un projet de
Constitution qui devait renforcer le pouvoir exécutif.
Ce projet se heurta aux partisans de la priorité du
pouvoir législatif (notamment les socialistes et les
communistes). Ce désaccord avec les partis amena de
Gaulle à démissionner de ses fonctions dès le mois
de janvier 1946.
Alors
que s’aggravait le conflit en Algérie et que la
tension croissait dans les milieux militaires et
politiques (décembre 1958), une campagne en faveur du
retour du général de Gaulle au pouvoir se développa,
avec l’appui des partisans de l’Algérie française.
Peu après l’insurrection du 13 mai 1958 à Alger,
Charles de Gaulle fut investi comme chef du
gouvernement. La première tâche à laquelle il
s’attacha fut la réforme des institutions. Approuvée
par référendum le 28 septembre 1958, la nouvelle
Constitution allait instaurer en France un régime de
type présidentiel. Après la victoire de l’Union
pour la nouvelle République (UNR) aux élections législatives
de novembre 1958, Charles de Gaulle fut élu président
de la Vème République (décembre 1958). Il entra en
fonction en janvier 1959.
Favorable
à une Europe unie économiquement mais hostile à
l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché
commun, il privilégia l’axe franco-allemand dans la
construction européenne. En effet, le général de
Gaulle va nouer avec son homologue d’outre-Rhin,
Konrad Adenauer, une solide amitié. On retiendra de
cette relation : la forte image des deux hommes côte
à côte dans la nef de la cathédrale de Reims en
juillet 1962, lors du voyage du Chancelier en France,
et la signature en janvier 1963 du traité
franco-allemand (traité de l'Elysée). De la main
tendue à l’Allemagne, de Gaulle attendait que
l’axe Paris-Bonn puisse servir de clé de voûte à
son projet d’Europe des Etats, indépendante de la
Grande-Bretagne et surtout des Etats-Unis.
Après
l’échec qu’il subit lors du référendum sur le
double projet de « régionalisation » et
de transformation du Sénat (1969), projet qui fut
repoussé par 52,5% de non, Charles de Gaulle
abandonna le pouvoir et mourut un an plus tard le 9
novembre 1970 (Source : Le petit Robert des noms propres, mai 2001)
*
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Le 40ème anniversaire du traité de
l’Elysée, cérémonies et déclarations
C’est
dans le château de Versailles où fut proclamé
l’Empire allemand, en 1871, puis signé le traité
qui, au lendemain de la Première Guerre mondiale, régla
le sort territorial et financier de l’Allemagne
vaincue, que les autorités françaises et allemandes
ont célébré le 40ème anniversaire du
traité de l’Elysée en réunissant 900
parlementaires de l’Assemblée nationale et du
Bundestag pour une session commune.
Le
choix du lieu avait évidemment une haute valeur
symbolique comme le souligne Brigitte Sauzay, conseillère
française du Chancelier Schröder, « puisque
Versailles est l’endroit où chacun de nos peuples a
infligé une humiliation à l’autre. »
(cité dans Aujourd’hui
en France, 23.01.2003). De même, la réunion des
deux assemblées signifiait que l’amitié
franco-allemande dépassait désormais l’entente
personnelle entre dirigeants politiques : à
travers leurs représentants, c’était désormais
les peuples qui se rapprochaient.
Le
lendemain, les deux dirigeants étaient à Berlin où
ils ont dialogué avec 550 lycéens français et
allemands au Reichstag, dans le cadre du « Parlement
des jeunes » organisé par l’Office
franco-allemand pour la jeunesse avant d’inaugurer
une stèle – à la Fondation Konrad
Adenauer – en l’honneur du général de Gaulle et du
Chancelier Adenauer, puis les nouveaux locaux de
l’ambassade de France, près de la porte de
Brandebourg.
Réunis
par l’OFAJ, les 550 jeunes âgés de 17 à 19 ans du
« Parlement des jeunes », qui avaient tenu
quatre jours de colloques pour préparer leurs
interventions, ont posé aux deux dirigeants,
alternativement en français et en allemand, une foule
de questions allant de l’abandon du nucléaire aux
exemptions fiscales ou aux aides à la mobilité étudiante.
Parmi
les principales mesures adoptées à l’issue de ces
cérémonies :
-
faire
du 22 janvier une « journée franco-allemande ».
Cette journée sera consacrée à une
information sur l’autre pays et les possibilités
d’échange, de formation, d’emploi dans les écoles,
les lycées, les universités. Dans la même veine,
les jeunes auront la possibilité de participer, au
sein d’un service de volontaires franco-allemands,
à des projets de coopération dans des pays tiers,
notamment dans les pays en voie de développement ;
-
envisager
la possibilité pour les ressortissants des deux pays
d’obtenir la double nationalité ;
-
rapprocher
les législations sur le droit de la famille ;
-
promouvoir
un modèle d’éducation permettant aux jeunes la maîtrise
d’au moins deux langues étrangères européennes ;
-
accroître
la coopération entre les établissements de recherche
français et allemands pour lutter plus efficacement
contre le cancer … ;
L’ensemble
de ces mesures visent, selon les propos du Président
de la République, à « forger
un véritable espace de citoyenneté franco-allemande ».
Enfin,
au plus haut niveau, le rythme des rencontres régulières,
toutes les six semaines, instituées il y a deux ans
à Blaesheim, entre le Chef de l’Etat français, le
Chancelier allemand et leurs deux ministres des
affaires étrangères sera maintenu. Plus
symboliquement, les deux sommets annuels des
gouvernements deviennent des conseils de ministres
communs, les ministres s’engageant "à
présenter des projets de législation commune
franco-allemande". La préparation et le
suivi de ces réunions seront renforcés avec la création
de deux postes de secrétaires généraux à la coopération
franco-allemande. Quant au Premier ministre,
Jean-Pierre Raffarin, il a annoncé le prochain
recrutement d'un collaborateur allemand au sein de son
cabinet.
D’un
point de vue diplomatique, les deux pays se sont dits
prêts à veiller à l’adoption de « positions
communes dans les instances internationales y compris
au Conseil de sécurité de l’ONU » dont
l’Allemagne est devenue l’un des 15 membres -pour
deux ans- au 1er janvier 2002.
*
*
*
Le retour du couple franco-allemand sur la scène
européenne
Accord
sur le financement de la politique agricole commune,
position commune sur l’entrée de la Turquie dans
l’Union, front uni contre le forcing américain en
Irak, proposition commune pour une double présidence
des institutions européennes dans une Union élargie
(un président de la Commission européenne élu par
le Parlement européen, comme le voulait l’Allemagne
et un président du Conseil élu par ses pairs à la
majorité qualifiée ainsi que le souhaitait la
France), avancées dans le domaine de la défense (les
deux pays veulent développer un marché européen
des équipements militaires avec une agence
européenne de l’armement) …, le moteur
franco-allemand que l’on disait volontiers grippé
ces derniers mois, s’est remis en route.
Dans
leur déclaration commune à l'occasion du quarantième
anniversaire du traité de l'Elysée, Jacques Chirac
et Gerhard Schröder ont ainsi déclaré être « conscients
d’exercer une responsabilité historique commune au
service de l’Europe. Leur ambition est de continuer
de représenter une force de proposition susceptible,
sans rien imposer, d’entraîner leurs partenaires. »
Ils ont également souligné leur détermination à
"tout mettre en œuvre pour promouvoir le
renforcement de l'Union européenne".
Les
deux dirigeants se sont dits également "résolus
à faire de l'élargissement un succès" et
ont souligné qu'ils souhaitaient "la
réussite de la Convention sur l'avenir de
l'Europe". En ce sens, ils ont appelé la
Convention à "établir
les bases d'une Union plus forte, plus démocratique,
plus lisible, plus solidaire, plus efficace."
« Plus
l’Europe s’agrandit, plus la coopération
franco-allemande est nécessaire … »
affirmait encore récemment le chancelier allemand
Gerhardt Schröder. En effet, redonner corps au lien
franco-allemand est d’autant plus crucial dans la
perspective de l’élargissement de l’Union européenne
de 15 à 25 membres : « Tant
que la maison Europe n’est pas bâtie, avec des
fondations solides, l’Union – élargie ou pas –
a besoin d’un noyau dur qui prenne ses responsabilités.
A condition qu’il soit capable de dégager des
compromis susceptibles d’entraîner une majorité de
pays », explique Henrik Uterwedde, directeur
adjoint de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg. « L’Allemagne
comme la France, qui pèsent, à elles deux, plus de
50% du PIB de la zone euro, ont compris qu’elles ne
pouvaient prétendre qu’ensemble, et à travers
l’Union européenne, à être une grande puissance.
Le monde et l’Europe ont changé. Le temps est révolu
où les deux pays pouvaient dicter la ligne à suivre
par une simple lettre commune. Le moteur
franco-allemand est indispensable, mais il ne peut pas
être exclusif. » martèle Hubert Védrine,
l’ancien ministre français des Affaires étrangères.
(cité dans l’article « Paris et Berlin célèbrent
leurs noces d’émeraude et relancent leur union » in Les Echos, le
22.01.03)
Outre-Manche,
Mark Leonard, le Directeur du Foreign Policy Center à
Londres, prévoit
« Après l ‘élargissement,
le moteur franco-allemand sera davantage l’exception
que la règle pour la Construction européenne. La
nouvelle Europe n’aura pas qu’un seul moteur mais
de nombreuses coalitions. » ( « Il
existe, à Londres, un réel désir de relancer la
machine » in Les Echos, 4 février 2003)
Si
Jacques Chirac et Gerhard Schröder ne forment certes
pas encore un duo historique à l’image
d’Adenauer-Schuman en 1950 puis d’Adenauer-de
Gaulle en 1963, d’Helmut Schmidt et de Valéry
Giscard d’Estaing dans les années 70, ou d’Helmut
Kohl et de François Mitterrand dans les années 90,
il n’en reste pas moins évident que les intérêts
communs l’ont emporté ces dernières semaines sur
les divergences politiques.
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La
Poste mettra en vente générale un timbre à 0,46
euro à l’occasion du 40ème anniversaire
du traité de l’Elysée. Ce timbre succède à ceux
émis en 1973 et 1988 pour, respectivement, les 10ème
et 20ème anniversaire de ce traité. Le timbre au
format carré 33x33, conçu par l’artiste allemande
Corinna Rogger, est imprimé en héliogravure en
feuilles de trente exemplaires. Dans le cadre d’un
partenariat avec la poste allemande, cette dernière
éditera à la même date un timbre sur le même sujet
dessiné par Tomi Ungerer.
La
vente anticipée « premier jour » s’est
déroulée, le jeudi 16 janvier 2003, à l’Institut
Goethe, à Paris, ainsi qu’à Forbach (Moselle),
Strasbourg (Bas-Rhin) et Vogelgrun (Haut-Rhin).
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*
*
*
Þ
Pour
l’année 2000, le taux de fécondité en Allemagne
était de 1,36 enfant par femme et de 1,89 en France.
Þ
En
1999, l’espérance de vie d’une femme était de
80,7 ans en Allemagne et de 82,4 ans en France. Pour
les hommes, elle était de 74,7 ans pour un Allemand
et de 74,9 ans pour un Français.
Þ
Quarante
ans après sa fondation, l’OFAJ
peut se prévaloir d’avoir donné à 7 millions de
jeunes la possibilité de participer à des échanges,
à des programmes de formation linguistique ou
professionnelle dans l’autre pays, ou à des activités
communes, y compris dans les pays tiers.
Les
programmes d’échanges ou de formation de l’OFAJ
ont concerné 200 000 personnes en 2002. Leurs points
forts sont le soutien aux échanges scolaires – 70
000 élèves aidés – et aux échanges
extrascolaires – 30 000 participants – qui
concernent les associations de jeunesse, les comités
de jumelage, les associations sportives et
culturelles. Deux autres priorités sont les
programmes destinés à de jeunes professionnels, en
formation ou demandeurs d’emploi (17 000 personnes),
et ceux permettant d’apprendre la langue de
l’autre à des animateurs ou à des responsables
d’activités d’échanges, ainsi que le soutien à
l’apprentissage précoce du français et de
l’allemand. Le lancement du programme Voltaire,
permettant d’accorder des bourses à des élèves de
seconde pour passer quelques mois dans un établissement
de l’autre pays, connaît un grand succès. De 20
bourses, il y a deux ans, on est passé à 500 puis à
1000. (Source : Le
Monde, 20.01.2003)
Þ
En
France, il existe 9 écoles allemandes et 90 établissements
possédant des sections franco-allemandes renforcées.
Quinze écoles et lycées français sont installés en
Allemagne.
Þ
Près
de 3200 personnes se sont inscrites, en 2002, au
Goethe Institut pour suivre des cours d’allemand en
France.
Þ
En
2001, 280 ouvrages d’auteurs allemands ont été
traduits en français, selon l’association des éditeurs
et des libraires allemands. La même année, 126
livres allemands ont été traduits en anglais, 256 en
néerlandais, 373 en italien et 454 en espagnol.
L’Allemagne et la France présenteront en 2003 dans
différents pays 54 projets culturels communs (Source :
Le Monde,
22.01.2003)
*
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Chronologie :
Plus
de cinquante ans de coopération franco-allemande
9
mai 1950 : Robert
Schuman, ministre français des Affaires étrangères,
propose, à l’initiative de Jean Monnet, de mettre
en commun la production et la consommation de charbon
et d’acier dans le cadre d’une organisation européenne
entre la France et l’Allemagne ouverte à tous les
pays d’Europe.
22
janvier 1963 : le
général de Gaulle et le chancelier Adenauer signent
le traité de l’Elysée qui prévoit que la France
et l’Allemagne se consulteront sur les questions
importantes notamment en matière de politique étrangère
et de défense.
9
février 1973 :
la France et la RDA communiste nouent des relations
diplomatiques.
6-8
septembre 1978 :
le président Valéry Giscard d’Estaing et le
chancelier Helmut Schmidt jettent à Aix-la-Chapelle
(Aachen) les bases du système monétaire européen
(SME).
21-22
octobre 1982 :
le président François Mitterrand et le Chancelier
Helmut Kohl institutionnalisent à Bonn la
concertation franco-allemande en matière de défense.
22
septembre 1984 :
François Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main
à Verdun pour commémorer les morts de la Grande
Guerre.
12-13
novembre 1987 :
François Mitterrand et Helmut Kohl décident à
Karlsruhe de mettre sur pied un Comité économique et
financier chargé
de coordonner les politiques des deux pays et
un Conseil de sécurité et de défense pour une coopération
militaire.
2
octobre 1989 :
création d’une Brigade franco-allemande, puis, début
novembre d’un Conseil franco-allemand de
l’environnement.
20-22
décembre 1989 : François
Mitterrand est le premier chef d’Etat occidental à
visiter la RDA.
17-18
septembre 1990 :
accord entre François Mitterrand et Helmut Kohl pour
amplifier la coopération entre la France et
l’Allemagne réunifiée. Les forces alliées déployées
en Allemagne sont réduites et n’ont plus le statut
de troupes d’occupation.
22
mai 1992 :
la France et l’Allemagne entérinent la création
d’un corps européen de défense, l’Eurocorps,
auquel est rattachée la Brigade franco-allemande.
22-27
novembre 2002 :
la France et l’Allemagne font des propositions
conjointes à la Convention pour l’avenir de
l’Europe dans le domaine de la défense, puis de la
justice et des affaires intérieures, et proposent un
compromis sur la politique agricole commune.
14
janvier 2003 : le
chancelier Gerhard Schröder et le président Jacques
Chirac proposent une présidence bicéphale pour
l’Union européenne élargie.
(chronologie
cité dans l’article « Paris et Berlin célèbrent
leurs noces d’émeraude et relancent leur union »
in Les Echos, le 22.01.03)
*
*
*
Extraits
d’une interview de Jacques Delors, président de
l’Association « Notre Europe » et ancien
président de la Commission européenne
« Depuis
Charles Quint, vingt-trois guerres ont opposé la
France et l’Allemagne et, même si les jeunes
aujourd’hui ont tendance à dire « Hitler,
connais pas » nous ne pouvons effacer le passé. »
Quelles
sont les plus belles réalisation franco-allemandes en
matière européenne ?
« Cela
reste la CECA, grâce au couple Adenauer-Schuman, le
système monétaire européen grâce au couple
Schmidt-Giscard d’Estaing et le traité de
Maastricht, donc l’union économique et monétaire,
avec le couple Kohl-Mitterand »
(Source :
« Jacques Delors : le couple
franco-allemand, symbole du pardon et de la promesse »
in Les Echos,
23.01.0
Elsa
Glombard
Notes de bas de
page « l’actualité européenne décodée »
(1)
Les grands principes de ce régime politique (littéralement
« gouvernement pour et par le peuple) n’ont
aujourd’hui pas changé.
(2)
Il dîne le soir même avec Jean et Sylvia Monnet
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