L'Actualité européenne décodée

 

SOMMAIRE: 

   

*La Grèce à la présidence de l’Union européenne  

* Des nouvelles de la Convention pour l’avenir de l’Europe  

* Conseils européens de Copenhague et d’Athènes: Vers une Europe à 25  

* Une rubrique "Elargisement" sur le site du premier ministre

* Le traité de l'Elysée, un mode d'emploi pour de bonnes relations Franco-allemandes

* Notes

   

 

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La Grèce à la présidence de l’Union européenne

 

Géographie : une presqu'île entre Orient et Occident

5000 ans d'histoire...pour la création du premier Etat grec indépendant en 1830

Système politique, constitution et institutions de la Grèce moderne

La Grèce et l'Union européenne...  

Arts, Culture 

Le retour aux sources: les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004

Folklore et Gastronomie 

Le régime crétois  

La philosophie grecque en quelques clics  

La Grèce sur Internet

CARTE

Membre de la CEE depuis 1981

Superficie : 131.957 km²

Population : 10,9 millions d'habitants (recensement de 2001), et une diaspora importante. Plus de 4 millions de grecs demeurent à l'extérieur de la Grèce : aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et dans le reste de l'Europe majoritairement.

Capitale : Athènes

Monnaie : Euro

Religion : Grecque orthodoxe à 98%

Langue : le grec moderne est la langue officielle depuis 1975. Jusqu'à cette date, deux langues régnaient en Grèce : la kathaveroussa, "langue pure", version simplifiée du grec ancien et utilisée par l'élite, elle servait, jusque dans les années 70, à rédiger les lois, les textes administratifs, les journaux, les nouvelles à la radio…; la dimotiki, auparavant "langue du peuple" fut finalement généralisée comme étant le grec moderne.

Géographie : une presqu'île entre Orient et Occident

La Grèce, à l'extrême sud-est européen, se situe en périphérie par rapport aux autres pays de l'Union, elle ne dispose pour l’instant d'aucune frontière terrestre avec l'un d'eux. C'est une presqu'île de pleine méditerranée, séparant la mer ionienne de la mer Egée, et rattachée au continent par ses frontières du Nord avec les Balkans (Albanie, République ex-Yougoslave de Macédoine, Bulgarie) et la Turquie.

"Le rocher. Rien d'autre. Le figuier sauvage et la pierre ferrugineuse. La mer toute cuirassée. Nul espace où s'agenouiller." Yannis Ritsos, extrait du poème Monemvassia, 1978… Cette localisation particulière associée à la rudesse de ses paysages (70% de montagnes, 15.000 kms de côtes escarpées et découpées, des milliers d'îles et d’îlots…) ont poussé, depuis l’origine, ses habitants à tisser des contacts étroits avec leurs voisins et à devenir des navigateurs et des marchands renommés (Onassis). Cela a donné à la Grèce des odeurs, des influences et de profondes empreintes aussi bien occidentales qu'orientales, dans tous les domaines. Elle peut être considérée comme le lien européen entre l’Orient et l’Occident.

"La première impression que donne ce paysage, d'où qu'on l'aborde, est sévère. Il exclut toutes les rêveries, même celle des historiens. Il est sec, avare, expressif et frappe comme au visage cruellement amaigri; mais là-dessus règne une lumière dont notre œil n'a, auparavant, jamais vu la pareille et dont il ressent un ravissement, comme si s'éveillait à l'instant même notre sens de la vue. (…) C’est la lumière de l'Asie mineure, la lumière de la Palestine, de la Perse, de l'Egypte" Hugo von Hofmannsthal, La Grèce, 1922.

5000 ans d'histoire… pour la création du premier Etat grec indépendant en 1830.

L'histoire grecque est touffue et longue. Outre l'héritage glorieux de l'Antiquité, - c’est en 507 av. JC qu’est née la démocratie dans la cité (1) ; la Grèce est aussi le principal berceau de la philosophie occidentale - l'identité grecque moderne a été forgée par des événements d'une rare dureté. La naissance de la Grèce moderne se fait parallèlement à la chute de l'empire ottoman. En effet, durant plus de 400 ans, le peuple grec s'est trouvé sous le joug ottoman, et c'est par sa lutte pour l'indépendance que la Grèce telle que nous la connaissons aujourd'hui émergera petit à petit. Ainsi, en 1830, le premier Etat grec indépendant ne comprend qu'une partie limitée de la Grèce actuelle (le Péloponnèse, la Grèce centrale, les Cyclades et les Sporades).

C'est alors que se développera la "Grande Idée", la doctrine-clé de l'indépendance grecque qui avait pour but ultime de rassembler l'ensemble des hellènes sur un territoire libéré. La poursuite de ce concept aboutira à la libération progressive des régions grecques... et s'achèvera en 1922, après la sanglante lutte gréco-turque à l'issue de laquelle la Grèce perd les territoires d'Asie Mineure jusqu'alors considérés comme l'un des berceaux de la Grèce antique (Ephèse, Millet, Smyrne...). Un échange de population entre les Grecs d'Asie Mineure et les Turcs de Grèce est conclu à Lausanne en 1923. La Grèce amputée par cette "Catastrophe" (comme les Grecs nomment cet événement), trouve son homogénéité nationale et le socle de son développement moderne sur un territoire délimité.

Dès lors, la question majeure deviendra celle de la construction interne de la Grèce. L'instabilité domine la vie politique grecque jusque dans les années 1970 : règne d'Othon, fils du roi de Bavière au XIXème siècle, puis dictature de Métaxas de 1936 jusqu'à l'occupation allemande de la 2ème guerre mondiale, suivie par une sanglante guerre civile de 1946 à 1949, et la prise du pouvoir par la junte militaire en 1967 (dictature des colonels de 1967 à 1974)...

La Grèce ne trouvera la stabilité politique qu'avec l'émergence de la Troisième République instaurée en 1975. Son adhésion à l'Union européenne en 1981, confirmera cette stabilisation et inaugurera une ère nouvelle pour le pays.

Mais, pour comprendre la Grèce et sa singularité, il ne faut pas oublier que cette histoire violente et dure a eu des répercussions sociales majeures sur la population grecque et que ces événements, qui restent ancrés dans la mémoire du peuple grec, ont grandement marqué la culture hellénique moderne.

 

Ø       Système politique, constitution et institutions de la Grèce       moderne

 

La Constitution grecque de 1975 définit le régime grec moderne. La Grèce est une République parlementaire.

Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement qui vote les lois et les rend publiques. Il est composé de 300 députés élus au scrutin universel direct pour un mandat de 4 ans. La scène politique est divisée entre le PASOK (Mouvement socialiste pan-hellénique), la Nouvelle Démocratie (Parti libéral conservateur), le KKE (Parti Communiste grec) et le Synaspismos (Coalition de gauche et du progrès).

Le pouvoir exécutif revient au Président de la République (élu tous les 5 ans par le Parlement - c'est actuellement Konstantinos Stephanopoulos qui exerce cette fonction) et au gouvernement. Ce dernier est collectivement responsable de la politique générale du pays. C'est le Premier ministre qui dirige les actions du gouvernement ; il a une place centrale dans le processus de prise de décisions politiques. Kostas Simitis, chef du PASOK, est l’actuel Premier Ministre de la Grèce.

Le pouvoir judiciaire est exercé par des tribunaux aux compétences civiles, pénales et administratives.

 

Ø       La Grèce et l'Union européenne...

 

La position géopolitique de la Grèce en fait un élément majeur de stabilité du monde occidental. Ce dernier sera donc très vite poussé à vouloir faire de ce pays un allié (membre de l'OTAN dès 1952, en même temps que la Turquie). La demande d'adhésion du pays à la Communauté économique européenne sera prise en considération dès 1959. La Grèce sera ainsi le premier pays à signer un accord d'association avec la CEE en 1961. Mais en 1967, en raison de l'instauration de la dictature des colonels, et de l'abolition des institutions démocratiques en Grèce, la marche du pays vers l'Europe communautaire est suspendue. Cette pause s'achèvera en 1974 avec la chute de la dictature.

En 1981, la Grèce devient ainsi le 7ème Etat membre de la CEE. Cette adhésion permet à la Grèce de rapidement relever sa situation économique. Elle a bénéficié de larges soutiens financiers européens pour l'amélioration de ses infrastructures, ainsi que dans le secteur de l'agriculture (pour les productions d'olive et de tabac notamment). Ce dernier secteur, ainsi que celui du tourisme constituent aujourd'hui les clés d'une économie grecque saine et dynamique. L'adhésion de la Grèce à la zone euro confirme cet état de fait. Désormais la cas grec est, avec ceux de la péninsule ibérique, l'un des meilleurs exemples du pouvoir de stabilisation démocratique et de développement économique induit par l'adhésion aux Communautés européennes.

Cela se ressent aussi dans les priorités que le gouvernement grec a voulu donner à sa Présidence de l'Union européenne qui a débuté le 1er janvier 2003 et s’achèvera le 30 juin 2003. Ainsi, cette présidence s'installe dans la continuité de la Présidence danoise (achevée le 31 décembre 2002), met l'accent sur l'élargissement en suivant le slogan "Partager l'Avenir autour d'une Communauté de valeurs".

Symboles de ce choix:

-          le logo de la Présidence représentant l'envol d'une hirondelle qui symbolise la course vers l'élargissement et le rameau d'olivier de la paix, soutenus par les étoiles d’or et le bleu européens 

-          la lettre de Kostas Simitis adressée aux citoyens européens dans laquelle le Premier ministre grec annonce "Nous voulons une Europe plus large, meilleure et plus puissante (...) une Europe profondément démocratique dans le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens et de tous les groupes sociaux. Une Europe aux horizons et aux perspectives ouvertes. Une Europe en tant qu'espace de liberté, de justice et de sécurité pour tous les citoyens. Une Europe ayant des institutions bien établies, démocratiquement légitimes et efficaces tant pour l'élaboration des politiques que pour la prise de décisions" Lettre de Kostas Simitis du 13 janvier 2003, http://www.ue2003.gr/fr/articles/

La Grèce se concentrera sur plusieurs dossiers: l'élargissement et la fin des travaux de la Convention sur l'avenir de l'Europe ; l'emploi et notamment l'accomplissement des objectifs fixés à Lisbonne en 2000, la sécurité maritime...

 

Ø       Arts, Culture

 

La dureté de l'histoire grecque a eu pour conséquence de développer les contributions artistiques helléniques, notamment au niveau littéraire et musical. Constantin Cavafis, Nikos Kazantzakis, Georges Séféris (prix Nobel de littérature 1963), dans la première moitié du XXème siècle, Vassilis Alexakis et Aris Fakinos, actuellement, sont des auteurs qui ont marqué le genre littéraire. En poésie, Yannis Ritsos et Elytis se sont illustrés par leur grande sensibilité.

Au niveau musical Hadzidakis (rendu célèbre par « Les enfants du Pirée », chanson du film « Jamais le dimanche » interprétée par Mélina Mercouri) et Mikis Théodorakis (compositeur du thème musical du film Zorba le Grec) sont ceux qui, par le biais du cinéma, ont réussi à faire connaître le style musical grec bien particulier. Imbibé de consonances orientales au rythme du bouzouki et du baglama, les voix grecques portent l'auditeur dans un monde grave et réaliste ou tout au contraire d'une extrême insouciance.

"Deux grand cycles ont nourri la musique populaire grecque: le cycle acritique (IX-XI siècles) qui raconte la vie et les combats des acrites (les gardes frontaliers de l'Empire byzantin), et le cycle klephtique qui célèbre les klepthes, à la fois bandits et héros combattants l'occupant turc. Dans un style propre à chaque région, rude dans les montagnes, lyrique dans les îles, la musique dimotiko reflète la lutte du peuple grec pour la liberté, ses joies, ses tristesses, ses attitudes face à la mort. Les chansons du folklore des villes n'existent plus aujourd'hui (rebetika) mais elles sont sources d'inspiration pour de nombreux compositeurs". Guide Gallimard, p.72

« C’était dans ce quartier que du matin au soir nous avons passé et perdu notre vie ; c’était dans ce quartier dans l’étroite ruelle que nous avons vécu cachés, même loin de Dieu ; c’était dans ce quartier que les peines nous ont étouffées, que nous avons été emportés et trahis pour une bouchée de pain » S’afti ti gitonia (Dans ce quartier), chanson de Mikis Théodorakis

La production cinématographique grecque a aussi permis de transporter une part de la culture hellénique. De Kakoyannis pour « Zorba le grec », à « L'éternité est un jour » de Théo Angelopoulos qui remporta la Palme d'or à Cannes en 1998, en passant par Elia Kazan (« Un tramway nommé désir », « A l'Est d'Eden », « America America »), les metteurs en scène grecs ont su marquer leur temps.

 

Ø       Le retour aux sources: les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004

 

D'après la tradition antique, les premiers JO eurent lieu en 776 avant JC. Les Jeux se déroulaient alors comme aujourd'hui tous les 4 ans. Pendant cinq jours, Zeus l'Olympien était fêté par athlètes et spectateurs venus de tout le monde grec, au cours de joutes sportives allant de la course à pied à la course de chars ou de chevaux, en passant par la lutte, le saut en hauteur et le pentathlon. Ce n'est qu'au 4ème siècle après JC que les Jeux Olympiques antiques furent suspendus à la suite du décret du romain Théodose, interdisant les rites païens.

Après 15 siècles d’absence, les JO reprennent du service en 1876. Les premiers Jeux modernes eurent lieu à Athènes et leur cérémonie d'ouverture se déroula sur le site antique d'Olympie. Cent trente huit ans plus tard, Athènes sera de nouveau à l'honneur. La torche olympique qui portera les messages et valeurs de ces Jeux représente une feuille d'olivier symbole de paix. A ce titre, l’année 2004 a été décrétée " Année européenne du sport ".

 

Ø       Folklore et Gastronomie

 

Le folklore grec diverge de celui que nous avons l'habitude de rencontrer en Europe par son fort ancrage oriental et sa tradition orthodoxe. La plus grande fête populaire grecque se déroule ainsi à Pâques. Durant la Semaine Sainte, les processions avec des cierges aux tailles démesurés et les fêtes tardives se succèdent. Une tradition bien particulière réside dans la confection d’œufs durs teints en rouge pour le mercredi Saint. Il est de coutume que chaque membre de la famille prenne un œuf et casse la coquille de celui de son voisin. Le dernier à posséder un œuf intact aura chance et joie durant l’année à venir…

La musique grecque est teintée de l’histoire du pays et de la mémoire de son peuple. Rien de plus normal donc que la danse s’y trouve associée de façon si persistante. Les grecs dansent avec leur âme sur les rythmes orientaux, comme les danseurs de flamenco. La plupart des danses s’apparentent à des duels masculins : à tour de rôle, chaque homme « montre ce dont il est capable » pendant que les autres membres de l’assemblée l’applaudissent agenouillés. Il existe aussi des danses typiques et locales, dansées par hommes et femmes ensemble et indistinctement. Le syrtaki demeure un enchaînement de pas inspiré des danses grecques mais simplement mis en chorégraphie pour le film « Zorba le grec ».

La population se retrouve pour danser dès que le décor le permet : durant les fêtes locales, mais aussi dans tous les restaurants et cafés où la musique « inspire ». Les grecs, comme tous les peuples méditerranéens, aiment se retrouver au restaurant tard le soir, surtout pendant les longues soirées d’été. La journée, ce sont les cafés qui sont remplis, traditionnellement d’hommes qui jouent au bagammon ou tournent dans une main le komboloï (sorte de chapelet qui au fil du temps a perdu sa signification religieuse pour devenir un passe-temps) en buvant leur ouzo.

 

Ø       Le régime crétois

 

Des statistiques médicales démontrent que la population crétoise souffre moins des maladies cardiovasculaires, et de cancers du sein et du côlon. Beaucoup se sont interrogés sur le pourquoi d’une telle singularité : les spécialistes en sont venus à décrire l’alimentation comme principal facteur. C’est pourquoi le régime crétois est aujourd’hui reconnu à travers le monde comme étant l’un des plus sains.

Mais, en quoi consistent les habitudes alimentaires crétoises ? Les crétois consomment des fruits et légumes de saison de façon abondante. Ceux-ci sont assaisonnés d’huile d’olive, dont les propriétés anti-cancéreuses ont été démontrées par les plus grands spécialistes. Peu de viandes et de poissons sont consommés, de même que les produits laitiers.

Ce régime est aussi particulièrement lié au climat crétois fort ensoleillé toute l’année, mais sans graves problèmes de sécheresse, qui permet aux habitants de l’île, outre la production de produits sains et variés, de vivre dans des conditions particulièrement appréciables.

 

La philosophie grecque en quelques clics  

C’est au sein du monde grec que la philosophie ou « amour de la sagesse » fait son apparition, en Asie mineure, vers le VIIème siècle av. JC, pendant la période classique. La naissance de la philosophie est marquée par l’interrogation sur la cause ultime du problème du devenir, du changement. Des origines à la fin de l’époque classique, on distingue six grandes périodes dans l’histoire de la philosophie grecque : les présocratiques, Socrate, les sophistes, Platon, Aristote, et le philosophes post-socratiques :

 

http://www.ac-orleans-tours.fr/lang_anciennes/philola/Panorama.htm

http://www.goldtronics45.com/jfbradu/GRECEANTIQUE/themes/philo.htm

http://www.jbphi.com/ref_auteurs/philogrecque_refs/philogrecque.html

http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/jb/jb_2922_p0.html : littérature et philosophie de la Grèce antique.

 

Ø       les présocratiques  

 Thalès de Milet :

http://philoctetes.free.fr/thales.htm  

Pythagore :

http://www.infoscience.fr/histoire/biograph/biograp.php3 ?Ref=54

 

Ø       Socrate  

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Socrate

http://perso.wanadoo.fr/sos.philosophie/socrate.htm

http://www.educnet.education.fr/lettres/lycee/grec/seq2_3gr.htm

http://www.maths.net/philo/socrate.htm

http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/socrate/socrate0.htm

 

Ø       et les sophistes

http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/ni/ni_970_p0.html

http://www.cyberphilo.com/def/sophistes.html

http://www.av-versailles.fr /pedagogi/anti/educatio/edathen2.htm

 

Ø       Platon

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Platon 

http://mper.chez.tiscali.fr/auteurs/Platon.html 

 

Ø       Aristote 

http://www.infoscience.fr/histoire/portrait/aristote.html 

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Aristote

 

Ø       et les philosophes post-socratiques

http:/www.ac-orleans-tours.fr/lang_anciennes/philola/Panorama.htm

http://www.goldtronics45.com/jfbradu/GRECEANTIQUE/themes/philo.htm

http://www.jbphi.com/ref_auteurs/philogrecque_refs/philogrecque.html

 

  La Grèce sur Internet

 

http://www.ue2003.gr : le site de la présidence grecque de l’Union européenne

http://www.amb-grece.fr/presse :le site de l’ambassade de Grèce en France.

http://www.europole.u-nancy.fr/cce/kiosque/grece.htm : présentation, histoire, géographie, société, institutions politiques, presse …

http://hellada.free.fr : un site sur la Grèce antique.

http://www.grece.infotourisme.com : le site de l’office national hellénique du tourisme.

http://www.la-grece.com : un site pour les touristes sur le départ.  

 

Delphine Lemarinier

 

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Des nouvelles de la Convention pour l’avenir de l’Europe  

« L’Union doit devenir plus démocratique, plus transparente et plus efficace. Et elle doit relever trois défis fondamentaux : comment rapprocher les citoyens , et en premier lieu les jeunes, du projet et des institutions européennes ? Comment structurer la vie politique et l’espace politique européen dans une union élargie ? Comment faire de l’Union un facteur de stabilisation et un repère dans le monde nouveau multipolaire ? »

                        Extrait de la Déclaration de Laeken sur l’avenir de l’Union européenne

 

« Un demi-siècle après Jean Monnet, l’analyse du « père de l’Europe » reste pertinente : « rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions » ainsi commençait le journaliste du Figaro Pierre Bocev, dans son article sur la Convention européenne du 20 janvier 2003.

La convention sur l’avenir de l’Europe est aujourd’hui à mi-parcours. Faisant un point dans Le Monde le 13 janvier dernier, son président Valéry Giscard d’Estaing mentionnait :

« L’Union européenne est à la fois une union de peuples et une union d’Etats. C’est ce qui fait son originalité, et son ambiguïté ! Lorsqu’elle se ressent comme une union d’Etats, les droits des Etats doivent être égaux. Lorsqu’elle se ressent comme une union de peuples, ce sont les droits des citoyens qui doivent être égaux : droit à une représentation égale, et à un accès équivalent aux différentes fonctions de l’Union. »

Lors de la session des 27 et 28 février 2003, les réflexions portaient sur les sept premiers articles de la Constitution et la discussion s’est focalisée sur des sujets essentiels tels que la nature de l’Union, ses valeurs et le statut de la Charte des droits fondamentaux dans la future Constitution.

A propos de la nature de l’Union, une minorité d’intervenants s’est clairement prononcée contre le maintien du terme « fédéral » dans l’article 1 de la Constitution. Certains conventionnels faisaient notamment remarquer que ce terme pouvait choquer dans certains pays et proposaient d’y substituer l’expression « méthode communautaire ». Cependant, comme l’a souligné le député européen Olivier Duhamel, seuls 15% des conventionnels voulaient supprimer ce mot qui pouvait par conséquent être accepté par la majorité.

Les interrogations concernant les valeurs de l’Union ont également été nombreuses, notamment sur la question de savoir quel statut accorder à la Charte des droits fondamentaux dans le projet de Constitution. Le Président de la Convention, Valéry Giscard d’Estaing, a proposé qu’elle constitue la seconde partie du volet constitutionnel.

La question controversée d’une référence aux valeurs religieuses a aussi donné lieu à des vues très tranchées. Les Eglises chrétiennes qui militent en faveur d'une telle référence dans la future Constitution disposent de soutiens nombreux et diversifiés au sein de la Convention. Les partisans d'une référence religieuse dans la Constitution se retrouvent dans les rangs des conventionnels italiens, slovaques ou luxembourgeois. Mais c'est surtout la Pologne qui, comme le souligne Jean Quatremer, "comme un seul homme, s'est rangée derrière le Saint-Siège" (Libération du vendredi 28 février 2003). Le débat s'est ainsi cristallisé autour de l'article 2 consacré aux valeurs de l'Union. Et comme le fait remarquer Jonathan Faull (porte-parole de la Commission), ce débat revêt également une dimension juridique. En effet, une référence aux valeurs religieuses intégrée dans la Constitution "aura des conséquences importantes sur l'interprétation des textes européens. Il ne s'agit donc pas seulement d'un débat philosophique" (Jonathan Faull, cité par Jean Quatremer dans Libération du 28 février 2003). Les défenseurs de la laïcité estiment, quant à eux, avec Louis Michel, le Chef de la diplomatie belge, que : "l'Europe n'est ni monoreligieuse, ni monoculturelle" et que "son modèle est fondé sur l'Etat impartial" (Louis Michel cité par Jean Quatremer, Libération du 28 février 2003). Dominique de Villepin et Ana de Palacio, par exemple, ont fait savoir que, selon eux, une référence aux valeurs religieuses dans le futur traité n’était pas souhaitable.

D’autre part, l’adoption le 14 janvier dernier de la « contribution franco-allemande sur l’architecture institutionnelle de l’Union » a été perçue comme un tournant dans les travaux de la Convention. Une grande partie des propositions franco-allemandes est soutenue par de nombreux représentants. L’idée d’un poste fixe de président du Conseil européen, au lieu de l’actuelle présidence semestrielle tournante, est par contre rejetée par la majorité des conventionnels issus des petits pays. Cela institutionnaliserait, selon eux, une « cohabitation à la française ». Mais surtout, l’équilibre entre la Commission et le Conseil européen risquerait d’être rompu au profit de ce dernier. Or, pour ces pays, l’exécutif européen incarné par la Commission est perçu comme une protection contre la volonté dominatrice ou supposée telle des grands Etats. Seize d'entre eux se sont ligués pour rendre publique, vendredi 4 avril, une contribution signée des représentants de leurs gouvernements. Cette contribution souligne leur attachement à la présidence tournante du Conseil européen et leur refus d'une présidence permanente souhaitée par les "grands pays". Ces seize pays appartiennent à l'Union actuelle ou s'apprêtent à la rejoindre (Chypre, Hongrie, Danemark, Autriche, Suède, Lettonie, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Portugal, Lituanie, Estonie, Irlande, Slovénie, Malte et Finlande) (Le Monde du 7 avril 2003). 

Enfin, l’attitude des Etats membres dans la crise irakienne est en contradiction avec l’article 14 de la future Constitution qui stipule : « Les Etats membres appuient activement et sans réserves la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union dans un esprit de loyauté et de solidarité mutuelle. Ils s’abstiennent de toute action contraire aux intérêts de l’Union ou susceptible de nuire à son efficacité ». La crise irakienne, en mettant en évidence les divisions de l’Europe, porte un coup aux ambitions des Quinze de parler d’une seule voix. Même si, dans un premier temps, il semble que cette crise rende plus difficile le travail de la Convention, il se pourrait qu’elle constitue par la suite une incitation  supplémentaire à une coordination plus poussée dans le domaine de la politique étrangère.

Le document final, synthèse des travaux des différents groupes de travail de la Convention, devrait être remis aux chefs d’Etat et de gouvernement en juin 2003 à Thessalonique. Ce sont eux  qui décideront ensuite lors d’une Conférence intergouvernementale (CIG) de l’adoption formelle du projet de Constitution qu’ils soumettront ensuite à la ratification dans l’ensemble des pays de l’Union. Le nouveau traité constitutionnel sera appelé à se substituer aux différents traités -traité de Rome, Acte unique, traités de Maastricht, d’Amsterdam puis de Nice- qui se sont superposés et complétés depuis 1957.

La signature des traités d'adhésion des 10 nouveaux membres lors du sommet d'Athènes, le 16 avril dernier a été l'occasion pour Valéry Giscard d'Estaing de présenter l'état d'avancement de ce vaste chantier. Cette présentation constituait même l'unique ordre du jour du Conseil européen du 16 avril. Ce fut également une occasion unique pour Valéry Giscard d'Estaing "d'écouter les chefs d'Etat et de gouvernement avant d'engager le sprint final vers la mise au point d'un projet de constitution pour l'Europe élargie" (Pierre Bocev, Le Figaro du 16 avril 2003). Le sommet d'Athènes offrait ainsi pour la première fois aux chefs d'Etat et de gouvernement l'opportunité de débattre entre eux des travaux de la Convention.

A l’issue de ce sommet, seul un seul point de consensus semble se dégager. La nomination d’un Ministre des affaires étrangères de l’Union semble en effet faire l’unanimité. Mais en dehors de cela de nombreuses divergences subsistent dont la plus importante reste celle qui oppose les « petits » et les « grands » pays au sujet d’une présidence tournante ou de la désignation d’une présidence stable. 

La question des conséquences pour un Etat membre de ne pas ratifier un traité, et en particulier la nouvelle constitution, continue de faire l'objet de controverses. Valéry Giscard d'Estaing envisage une "clause de sortie", une procédure permettant à un pays de quitter l'Union. 

L'intégration dans la future Constitution d'avancées significatives en matière de politique étrangère commune semblent quant à elle fortement compromise par la crise irakienne. On estime en effet qu'il faut au préalable que les Vingt-Cinq réfléchissent sur la nature du lien transatlantique et donc sur l'identité européenne (Jean Quatremer, Libération du 16 avril 2003).

Ces dernières semaines, Valery Giscard d’Estaing n’avait pas exclu de prolonger de quelques semaines les travaux de la Convention afin de « peaufiner certains articles ». Cependant lors du sommet d’Athènes, il a été décidé que le projet de Constitution sera présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement le 20 juin à Thessalonique comme prévu initialement. En effet, le risque qu’un retard dans les travaux de la Convention fasse « boule de neige » était important. Les Etats membres avaient fait savoir qu’ils souhaitaient disposer d’un laps de temps suffisant pour pouvoir discuter les résultats de la Convention avant la CIG de décembre 2003. Quatre Etats membres (Suède, Finlande, Danemark et Grande-Bretagne) et six pays candidats (Pologne, Hongrie, Slovaquie, République tchèque, Lituanie et Lettonie) ont en effet réclamé un "délai de réflexion" "entre la fin de la Convention et le début de la CIG afin de pouvoir "assimiler et discuter" ses résultats.  

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Dernières nouvelles…

Deux documents ont été remis le mercredi 23 avril aux conventionnels afin de les aider à poursuivre leurs réflexions sur le traité constitutionnel.

Dans le projet d’articles concernant les institutions de l’Union européenne, la présidence de la Convention européenne propose notamment que le Parlement européen exerce « conjointement » avec le Conseil des ministres la fonction législative.  Le Conseil européen serait doté d’un président élu par le conseil à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi renouvelable une fois. Le président du Conseil assumerait une fonction de « représentation extérieure de l’Union ».

La Commission européenne serait composée d’un président et d’un maximum de quatorze commissaires.

Enfin, la présidence de la Convention  propose que les fonctions de l’actuel Haut représentant de l’Union pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et du commissaire européen chargé des Relations extérieures soient reprises par un ministre des Affaires étrangères. Nommé par le Conseil européen avec l’accord du président de la Commission européenne, il serait également vice-président de cette dernière.

Le deuxième document soumis aux conventionnels traite de l’action extérieure de l’Union européenne. Tirant les leçons de la crise en Irak, la présidence de la Convention encourage « la convergence et la solidarité mutuelle ». Pour ce faire, elle propose de prévoir dans le futur traité constitutionnel des « mécanismes institutionnels plus efficaces ». Elle envisage notamment une « clause de solidarité », qui permettrait de mobiliser les moyens militaires de l’Union européenne pour « prévenir la menace terroriste » et « protéger les institutions démocratiques et la population civile » des Etats membres.

 

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Propositions conjointes franco-allemandes pour la Convention sur l’avenir de l’Europe  

Extrait du discours de Valéry Giscard d’Estaing, Bruges, 2 octobre 2002

Quelques extraits de la Convention européenne des jeunes adoptée à Bruxelles en juillet 2002

 

 

Propositions conjointes franco-allemandes pour la Convention sur l’avenir de l’Europe

A l’occasion du 40ème anniversaire du Traité de l’Elysée, les Français et les Allemands ont proposé une présidence bicéphale pour l’Union européenne, avec un président du Conseil européen désigné pour cinq ans (ou deux ans et demi renouvelable) et un président de la Commission élu par le Parlement européen. Le Conseil européen élirait son président à la majorité qualifiée. Ce président du Conseil aurait deux fonctions principales :

-          il préparerait, présiderait et animerait les travaux du Conseil européen et veillerait à l’exécution de ses décisions ;

-          il représenterait l’Union sur la scène internationale lors des rencontres des chefs d’Etat ou de gouvernement, sans préjudice des compétences de la Commission et de son Président, sachant que la conduite quotidienne de la politique étrangère et de sécurité commune reviendrait au Ministre européen des Affaires étrangères.

Quant à la Commission européenne, sa désignation et celle de son président interviendrait au lendemain des élections au Parlement européen. Après l’élection du président de la Commission par le Parlement européen à une majorité qualifiée de ses membres, celui-ci serait approuvé par le Conseil européen statuant également à la majorité qualifiée.

Le président de la Commission constituerait ensuite son collège en tenant compte des équilibres géographiques et démographiques. Après approbation du Parlement européen, les membres de la Commission seraient nommés par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée. La Commission deviendrait par ailleurs responsable à la fois devant le Parlement européen et le Conseil européen.

Enfin, afin d’assurer une plus grande cohérence et une plus forte lisibilité à la politique extérieure de l’Union européenne, le couple franco-allemand a proposé que les fonctions de Haut représentant et de Commissaire chargé des relations extérieures (actuellement distinctes) soient exercées par une seule et même personne, un Ministre européen des Affaires étrangères.

Le Ministre européen des Affaires étrangères disposerait d’un droit d’initiative formel en matière de politique étrangère et de sécurité commune et présiderait les Conseils des ministres chargés des relations extérieures et de la défense.

Il serait nommé par le Conseil européen à la majorité qualifiée, en accord avec le président de la Commission européenne et participerait en tant que membre de la Commission doté d’un statut spécial, aux réunions de la Commission.

Ces propositions ont été examinées par les membres de la Convention sans toutefois faire l’unanimité. Les petits pays notamment ont clairement signifié qu’ils se méfiaient d’un président de l’Europe à la tête du Conseil. Ils craignent en effet que celui-ci soit monopolisé par les Grands Etats.

   

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Extrait du discours de Valéry Giscard d’Estaing, Bruges, 2 octobre 2002

 

« Les pères fondateurs savaient que leur système, qui reste la base de l’intégration, serait appelé à évoluer, à se transformer dès le moment où la construction européenne allait dépasser l’intégration économique pour aborder les sujets politiques. Jean Monnet, qui était dans ce sens aussi visionnaire que pragmatique, rappelle dans ses Mémoires : « La Communauté avait un objet limité aux solidarités inscrites dans les traités, et si nous avions toujours pensé que ces solidarités en appelleraient d’autres, et de proche en proche entraîneraient l’intégration la plus large des activités humaines, je savais que leur progrès s’arrêterait aux limites où commence le pouvoir politique. Là, il faudrait à nouveau inventer » (« Mémoires de Jean Monnet », Arthème Fayard, 1976)

Voici donc le défi historique de la Convention. Il ne s’agit pas de marquer sa préférence pour la méthode communautaire contre la coopération intergouvernementale. Il ne s’agit pas non plus de choisir entre Monnet et Metternich. Il s’agit de bâtir, autour des acquis de l’intégration européenne et des trois institutions européennes que sont le Conseil, le Parlement et la Commission, c’est-à-dire autour du marché unique, et de la monnaie unique, un système cohérent plus large. Il doit être en mesure de faire fonctionner notre Union avec un nombre supérieur d’Etats membres et aussi, dans les décennies à venir, de permettre d’agir efficacement dans des domaines politiques pour lesquels nous ne sommes aujourd’hui qu’au début de notre coopération.

Notre démarche s’inscrit donc –dans la pensée de Jean Monnet lui-même– dans la continuité, mais dans une continuité qui doit s’adapter, qui doit rester innovatrice face à des changements historiques forts.

Pour répondre collectivement à ces défis, il nous faut être aussi innovateurs et pragmatiques que Jean Monnet et sa génération l’ont été à leur époque : nous faisons du « Monnet rénové ».

 

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Quelques extraits de la Convention européenne des jeunes adoptée à Bruxelles en juillet 2002

« Nous, les jeunes d’Europe, avons une occasion historique de faire entendre notre voix quant à l’avenir de l’Europe.

Nous sommes la première génération à vivre dans une Europe sans le rideau de fer.

Nous voulons une Europe de la tolérance et d’ouverture associant toutes les composantes de la société. Nous voulons une Europe bâtie sur les valeurs fondamentales que sont la paix, la liberté, le dialogue, l’égalité, la solidarité et le respect des droits de l’homme et régie par le principe d’égalité entre les Etats membres. Au centre de notre vision de l’avenir, il y a une Europe qui est responsable de ses citoyens et qui leur rend des comptes. Le moment est venu de créer une véritable citoyenneté européenne. »

 

Elsa Glombard - Marine Gouédard

 

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Conseils européens de Copenhague et d’Athènes:  

Vers une Europe à 25

 

Le Conseil européen de Copenhague, réuni les 12 et 13 décembre derniers, a vu la conclusion des négociations d’adhésion avec 10 des 13 pays candidats à l’Union européenne (Chypre, la République tchèque, l’Estonie,  la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque  et la Slovénie).

Quelques mois plus tard, le 16 avril 2003, les chefs d'Etat et de gouvernement des 15 membres actuels et des 10 pays candidats se retrouvaient à Athènes pour signer le traité d'adhésion. Ainsi, la procédure d'élargissement se poursuit et devrait s'achever le 1er mai 2004, sous réserve des procédures de ratification. Ces pays sont d'ores et déjà observateurs au Parlement européen, au Conseil des ministres et au Conseil européen.

Dès le 1er mai 2004, ils auront également un Commissaire européen (sans portefeuille jusqu’à la fin de la Commission actuelle, puis avec portefeuille le 1er novembre 2004 au sein de la nouvelle Commission à 25). Les dispositions du traité de Nice concernant la Commission et le mode de scrutin du Conseil entreront en vigueur à cette même date. Enfin, ils participeront pleinement aux prochaines élections au Parlement européen de juin 2004 ainsi qu'à la prochaine Conférence intergouvernementale dont l’objectif est de rédiger une Constitution pour l’Europe. Celle-ci devrait être adoptée après l’adhésion des nouveaux pays membres.

Le Conseil européen de Copenhague a, par ailleurs, validé, dans le respect des plafonds des perspectives financières 2000-2006 agréées à Berlin, un cadre financier pour l’élargissement de 2004 à 2006. Le 11 février 2003, la Commission européenne a adopté une proposition de cadre financier de l’élargissement reflétant les décisions prises par le Conseil européen de Copenhague. Le montant des crédits d’engagement pour les années 2004, 2005 et 2006 s’élève ainsi à 45,161 milliards d’euros. Les 10 nouveaux adhérents bénéficieront progressivement des aides directes versées aux agriculteurs des autres Etats membres en partant d’un niveau de 25% des aides actuellement versées aux agriculteurs des 15 pour atteindre 100% en 2013.

Concernant l’île de Chypre, le Conseil européen de Copenhague a confirmé qu’elle serait également admise le 1er mai 2004. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont cependant rappelé qu’ils « préfèreraient voir intégrer à l’UE une Chypre réunifiée ». Après l'échec des négociations menées sur la base des propositions du Secrétaire général des Nations-Unies, le Conseil a décidé que l’intégration à l’Union européenne de  la partie Nord de l’île sera suspendue jusqu’à ce que le Conseil, statuant à l’unanimité en décide autrement.

Le Conseil a également réaffirmé que l’Union se donnait comme objectif d’accueillir la bulgarie et la Roumanie en 2007. Les négociations d’adhésion avec les gouvernements bulgare et roumain se poursuivront sur la base des principes qui ont guidé les négociations d’adhésion. Les deux pays participeront à la prochaine Conférence intergouvernementale en qualité d’observateurs.

Quant à la Turquie, le Conseil européen a rappelé la décision prise en 1999 à Helsinki, selon laquelle la Turquie a vocation à rejoindre l’Union sur la base des mêmes critères que ceux qui s’appliquent aux autres pays candidats. Tout en encourageant « énergiquement » la Turquie à poursuivre le processus de réforme engagé. Le Conseil européen lui a fixé un nouveau rendez-vous en décembre 2004 afin d’évaluer les résultats du processus de réforme du pays et de lui donner une date pour l’ouverture des négociations.

Les responsables des pays membres comme ceux des pays candidats ont manifesté à l’issue de ce sommet une véritable satisfaction. Le Premier ministre danois et à l’époque président en exercice de l’Union européenne -rappelons que la présidence de l’Union européenne est tournante et change tous les six mois- a parlé d’un « jour historique pour les peuples d’Europe et du monde. » « En 1989, des gens courageux et visionnaires ont brisé le mur de Berlin. » a-t-il commenté. « Ils ne pouvaient tolérer plus longtemps la division forcée de l’Europe. Nous avons répondu à leurs espoirs. Nous avons décidé de créer une seule Europe. Aujourd’hui, nous avons clos un des chapitres les plus sanglants et les plus sombres de l’histoire européenne. Nous avons ouvert un nouveau chapitre. » Le premier ministre hongrois, Peter Medgyessy, quant à lui, n’a pas caché sa joie : « Nous sommes de retour à la maison, en Europe, ce qui nous offre des opportunités à ne pas manquer. Ce succès, nous le méritons par notre culture millénaire, nos valeurs et notre façon de penser. »

Malgré les clivages révélés à l'occasion de la crise irakienne, les chefs d'Etat et de gouvernement ont signé avec émotion le Traité d'adhésion à Athènes le 16 avril dernier. Jacques Chirac déclarait notamment : « Ce n’est pas seulement l’élargissement de l’Europe que nous célébrons, c’est son unification. 450 millions d’Européens vont se rassembler dans le plus vaste projet d’intégration jamais entrepris par des voies pacifiques. Le jour que nous vivons voit se réaliser une formidable espérance. » (cité par Jean Quatremer dans Libération du 17 avril 2003)

Cette cérémonie très symbolique clôture sept années de travaux et de débats visant à intégrer les pays ex-communistes et méditerranéens dans la famille européenne.

 

 

 

Une rubrique « élargissement » sur le site du Premier ministre

 

A l’occasion du sommet européen de Copenhague, le site du Premier ministre a créé une nouvelle rubrique sur l’élargissement. Conçue comme un portail thématique, la rubrique revient sur les projets portés par le Gouvernement au niveau européen. La rubrique « Europe » propose également des fiches synthétiques et des liens vers les sites sur l’Europe de manière à présenter une vision claire des institutions de l’Union, de la diversité de ses régimes politiques et de la place de la France en son sein. Par ailleurs, dans le cadre du dialogue du gouvernement avec les citoyens français sur l’Europe, un nouveau site sera mis en ligne, au cours du premier semestre 2003, afin de suivre les Forums « Europe » dans les régions et les campagnes d’information sur l’élargissement de l’Union.

 

http://www.premier-ministre.gouv.fr

Elsa Glombard - Marine Gouédard   

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Le traité de l'Elysée,  

un mode d’emploi pour de bonnes relations franco-allemandes

 

Portraits du Chancelier Adenauer et du Général de Gaulle

Le 40ème anniversaire du traité de l’Elysée, cérémonies et déclarations

Le retour du couple franco-allemand sur la scène européenne  

Philatélie  

France-Allemagne en chiffres  

Chronologie : Plus de cinquante ans de coopération franco-allemande

Extraits d’une interview de Jacques Delors, président de l’Association « Notre Europe » et ancien président de la Commission européenne  

 

Le 22 janvier 1963, le général de Gaulle, 73 ans, et le chancelier allemand Adenauer, 87 ans, engageaient par ce nouveau traité les deux pays sur la voix d’une coopération approfondie et irréversible.

L’objectif était double : achever de guérir l’Allemagne de ses vieux démons en la liant à la France dans une coopération si étroite qu’elle concerne tous les domaines liés à l’exercice de la souveraineté nationale : politique, militaire, économique, universitaire … mais aussi consolider l’association franco-allemande afin de lui permettre de jouer un rôle moteur dans la construction européenne, qui, après le traité de Paris, (traité de la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier), signé en avril 1951 et déjà basé sur le couple franco-allemand, et les traités de Rome (traité de la Communauté économique européenne et traité Euratom), signés en mars 1957, poursuivait pas à pas sa progression.

Enfin, il ne s’agissait pas seulement de mettre en place des mécanismes de consultation étroits entre les gouvernements, mais aussi d'intégrer les citoyens des deux pays dans le processus de réconciliation, afin de donner à l’amitié une large base et un enracinement profond.

Cela s’est fait notamment par les échanges de jeunes et le travail particulièrement efficace de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), dont le traité de l’Elysée prévoyait la création.

Le mérite de la réconciliation franco-allemande ne revient pourtant pas historiquement au traité de l’Elysée. Cette longue marche de l’hostilité à la coopération avait commencé bien avant et le véritable pacte fondateur de la réconciliation franco-allemande est la déclaration Monnet-Schuman du 9 mai 1950, qui, politiquement, a amorcé le rapprochement franco-allemand et jeté les bases d'une union européenne fondée sur des « réalisations concrètes » et non plus sur des principes abstraits. Mettre en commun le charbon et l’acier, les ressources essentielles de l’époque, c’était rendre impossible, une nouvelle guerre franco-allemande.

"Pour Konrad Adenauer, le Plan Schuman était une divine surprise. Il ne lui fut transmis que le 8  mai 1950 par un émissaire spécial. Il était en train de finaliser la rédaction d'un mémoire consacré aux problèmes de l'adhésion de la République Fédérale au Conseil de l'Europe. (…) Sans engager de consultation, Konrad Adenauer répondit immédiatement et très favorablement au plan français. Il le fit en deux lettres à Robert Schuman : l'une officielle et prudente, l'autre personnelle et enthousiaste, heureux que "avec le plan du gouvernement français, les relations entre nos deux pays qui risquaient de se bloquer dans la méfiance et dans les réserves mutuelles entrent dans un nouvel élan de coopération constructive". Dans sa conclusion, cette lettre revient au cœur du problème : "Pour la première fois depuis la catastrophe de 1945, l'Allemagne et la France participent comme partenaires égaux (gleichberechtig) à une tâche commune." Extrait de l'intervention de Robert Picht, Directeur de l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg, au colloque "Europe, Hier, Aujourd'hui, Demain" organisé le 9 mai 2000 par l'Association Jean Monnet et la Fondation Robert Schuman à l'occasion du cinquantième anniversaire de la déclaration Schuman.

 

 

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Portraits du Chancelier Adenauer et du Général de Gaulle

 

Konrad Adenauer (1876-1967) : Homme politique allemand né à Cologne en 1876. Avocat puis maire de Cologne (1917), il fut un membre influent du Centre catholique. Destitué par les nazis en 1933 et plusieurs fois arrêté, il est contraint de quitter Cologne et se retire de la vie politique. Après la deuxième guerre mondiale, il se consacre à la fondation de l’Union chrétienne (CDU) dont il fut président et devînt, en 1949, le premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne. Pendant quatorze années, au cours desquelles il fût réélu plusieurs fois, Adenauer a mené une politique d’intégration de l’Allemagne dans l’Europe occidentale et de reconquête de ses droits sur le plan international. En donnant, le 9 mai 1950, son accord à Robert Schuman sur le texte préparé par Jean Monnet puis en signant avec le général de Gaulle le traité de l’Elysée, il devînt un des principaux artisans de la réconciliation franco-allemande. Il démissionna de ses fonctions de chancelier en octobre 1963, cédant la place à Ludwig Erhard.

Charles de Gaulle (1890-1970) : Homme d’Etat et général français. D’une famille catholique, libérale et cultivée, il s’orienta très tôt vers une carrière militaire. Appelé par Paul Reynaud comme sous-secrétaire à la Défense nationale le 6 juin 1940, il se montra déterminé à la poursuite de la guerre avec, au besoin, un repli du gouvernement hors du territoire métropolitain. Ayant gagné Londres le 17 juin (2), après la formation du cabinet Pétain, Charles de Gaulle y lança le fameux « appel du 18 juin » pour la continuation de la lutte contre les forces de l’Axe aux côtés de la Grande-Bretagne. Il siège ensuite auprès de Jean Monnet au sein du Gouvernement français provisoire à Alger. Arrivé à Bayeux après le débarquement allié en Normandie, puis à Paris libéré en août 1944, Charles de Gaulle s’imposa alors comme chef politique, rétablissant l’autorité du pouvoir central.

Choisi par la première Assemblée nationale constituante comme président de Gouvernement provisoire de la République française (novembre 1945), Charles de Gaulle, qui craignait un retour aux institutions et aux pratiques de la IIIème République (division des partis, parlementarisme), avait proposé un projet de Constitution qui devait renforcer le pouvoir exécutif. Ce projet se heurta aux partisans de la priorité du pouvoir législatif (notamment les socialistes et les communistes). Ce désaccord avec les partis amena de Gaulle à démissionner de ses fonctions dès le mois de janvier 1946.

Alors que s’aggravait le conflit en Algérie et que la tension croissait dans les milieux militaires et politiques (décembre 1958), une campagne en faveur du retour du général de Gaulle au pouvoir se développa, avec l’appui des partisans de l’Algérie française. Peu après l’insurrection du 13 mai 1958 à Alger, Charles de Gaulle fut investi comme chef du gouvernement. La première tâche à laquelle il s’attacha fut la réforme des institutions. Approuvée par référendum le 28 septembre 1958, la nouvelle Constitution allait instaurer en France un régime de type présidentiel. Après la victoire de l’Union pour la nouvelle République (UNR) aux élections législatives de novembre 1958, Charles de Gaulle fut élu président de la Vème République (décembre 1958). Il entra en fonction en janvier 1959.

Favorable à une Europe unie économiquement mais hostile à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun, il privilégia l’axe franco-allemand dans la construction européenne. En effet, le général de Gaulle va nouer avec son homologue d’outre-Rhin, Konrad Adenauer, une solide amitié. On retiendra de cette relation : la forte image des deux hommes côte à côte dans la nef de la cathédrale de Reims en juillet 1962, lors du voyage du Chancelier en France, et la signature en janvier 1963 du traité franco-allemand (traité de l'Elysée). De la main tendue à l’Allemagne, de Gaulle attendait que l’axe Paris-Bonn puisse servir de clé de voûte à son projet d’Europe des Etats, indépendante de la Grande-Bretagne et surtout des Etats-Unis.

Après l’échec qu’il subit lors du référendum sur le double projet de « régionalisation » et de transformation du Sénat (1969), projet qui fut repoussé par 52,5% de non, Charles de Gaulle abandonna le pouvoir et mourut un an plus tard le 9 novembre 1970 (Source : Le petit Robert des noms propres, mai 2001)

 

 

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Le 40ème anniversaire du traité de l’Elysée, cérémonies et déclarations

 

C’est dans le château de Versailles où fut proclamé l’Empire allemand, en 1871, puis signé le traité qui, au lendemain de la Première Guerre mondiale, régla le sort territorial et financier de l’Allemagne vaincue, que les autorités françaises et allemandes ont célébré le 40ème anniversaire du traité de l’Elysée en réunissant 900 parlementaires de l’Assemblée nationale et du Bundestag pour une session commune.

Le choix du lieu avait évidemment une haute valeur symbolique comme le souligne Brigitte Sauzay, conseillère française du Chancelier Schröder, « puisque Versailles est l’endroit où chacun de nos peuples a infligé une humiliation à l’autre. » (cité dans Aujourd’hui en France, 23.01.2003). De même, la réunion des deux assemblées signifiait que l’amitié franco-allemande dépassait désormais l’entente personnelle entre dirigeants politiques : à travers leurs représentants, c’était désormais les peuples qui se rapprochaient.

Le lendemain, les deux dirigeants étaient à Berlin où ils ont dialogué avec 550 lycéens français et allemands au Reichstag, dans le cadre du « Parlement des jeunes » organisé par l’Office franco-allemand pour la jeunesse avant d’inaugurer une stèle – à la Fondation Konrad Adenauer – en l’honneur du général de Gaulle et du Chancelier Adenauer, puis les nouveaux locaux de l’ambassade de France, près de la porte de Brandebourg.

Réunis par l’OFAJ, les 550 jeunes âgés de 17 à 19 ans du « Parlement des jeunes », qui avaient tenu quatre jours de colloques pour préparer leurs interventions, ont posé aux deux dirigeants, alternativement en français et en allemand, une foule de questions allant de l’abandon du nucléaire aux exemptions fiscales ou aux aides à la mobilité étudiante.

Parmi les principales mesures adoptées à l’issue de ces cérémonies :

-          faire du 22 janvier une « journée franco-allemande ».  Cette journée sera consacrée à une information sur l’autre pays et les possibilités d’échange, de formation, d’emploi dans les écoles, les lycées, les universités. Dans la même veine, les jeunes auront la possibilité de participer, au sein d’un service de volontaires franco-allemands, à des projets de coopération dans des pays tiers, notamment dans les pays en voie de développement ;

-          envisager la possibilité pour les ressortissants des deux pays d’obtenir la double nationalité ;

-          rapprocher les législations sur le droit de la famille ;

-          promouvoir un modèle d’éducation permettant aux jeunes la maîtrise d’au moins deux langues étrangères européennes ;

-          accroître la coopération entre les établissements de recherche français et allemands pour lutter plus efficacement contre le cancer … ;

 

L’ensemble de ces mesures visent, selon les propos du Président de la République, à « forger un véritable espace de citoyenneté franco-allemande ».

Enfin, au plus haut niveau, le rythme des rencontres régulières, toutes les six semaines, instituées il y a deux ans à Blaesheim, entre le Chef de l’Etat français, le Chancelier allemand et leurs deux ministres des affaires étrangères sera maintenu. Plus symboliquement, les deux sommets annuels des gouvernements deviennent des conseils de ministres communs, les ministres s’engageant "à présenter des projets de législation commune franco-allemande". La préparation et le suivi de ces réunions seront renforcés avec la création de deux postes de secrétaires généraux à la coopération franco-allemande. Quant au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, il a annoncé le prochain recrutement d'un collaborateur allemand au sein de son cabinet.

D’un point de vue diplomatique, les deux pays se sont dits prêts à veiller à l’adoption de « positions communes dans les instances internationales y compris au Conseil de sécurité de l’ONU » dont l’Allemagne est devenue l’un des 15 membres -pour deux ans- au 1er janvier 2002.

 

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Le retour du couple franco-allemand sur la scène européenne

 

Accord sur le financement de la politique agricole commune, position commune sur l’entrée de la Turquie dans l’Union, front uni contre le forcing américain en Irak, proposition commune pour une double présidence des institutions européennes dans une Union élargie (un président de la Commission européenne élu par le Parlement européen, comme le voulait l’Allemagne et un président du Conseil élu par ses pairs à la majorité qualifiée ainsi que le souhaitait la France), avancées dans le domaine de la défense (les deux pays veulent développer un marché européen  des équipements militaires avec une agence européenne de l’armement) …, le moteur franco-allemand que l’on disait volontiers grippé ces derniers mois, s’est remis en route.

Dans leur déclaration commune à l'occasion du quarantième anniversaire du traité de l'Elysée, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont ainsi déclaré être « conscients d’exercer une responsabilité historique commune au service de l’Europe. Leur ambition est de continuer de représenter une force de proposition susceptible, sans rien imposer, d’entraîner leurs partenaires. » Ils ont également souligné leur détermination à "tout mettre en œuvre pour promouvoir le renforcement de l'Union européenne".

Les deux dirigeants se sont dits également "résolus à faire de l'élargissement un succès" et ont souligné qu'ils souhaitaient "la réussite de la Convention sur l'avenir de l'Europe". En ce sens, ils ont appelé la Convention à "établir les bases d'une Union plus forte, plus démocratique, plus lisible, plus solidaire, plus efficace."

« Plus l’Europe s’agrandit, plus la coopération franco-allemande est nécessaire … » affirmait encore récemment le chancelier allemand Gerhardt Schröder. En effet, redonner corps au lien franco-allemand est d’autant plus crucial dans la perspective de l’élargissement de l’Union européenne de 15 à 25 membres : « Tant que la maison Europe n’est pas bâtie, avec des fondations solides, l’Union – élargie ou pas – a besoin d’un noyau dur qui prenne ses responsabilités. A condition qu’il soit capable de dégager des compromis susceptibles d’entraîner une majorité de pays », explique Henrik Uterwedde, directeur adjoint de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg. « L’Allemagne comme la France, qui pèsent, à elles deux, plus de 50% du PIB de la zone euro, ont compris qu’elles ne pouvaient prétendre qu’ensemble, et à travers l’Union européenne, à être une grande puissance. Le monde et l’Europe ont changé. Le temps est révolu où les deux pays pouvaient dicter la ligne à suivre par une simple lettre commune. Le moteur franco-allemand est indispensable, mais il ne peut pas être exclusif. » martèle Hubert Védrine, l’ancien ministre français des Affaires étrangères. (cité dans l’article « Paris et Berlin célèbrent leurs noces d’émeraude et relancent leur union »  in Les Echos, le 22.01.03)

Outre-Manche, Mark Leonard, le Directeur du Foreign Policy Center à Londres,  prévoit « Après l ‘élargissement, le moteur franco-allemand sera davantage l’exception que la règle pour la Construction européenne. La nouvelle Europe n’aura pas qu’un seul moteur mais de nombreuses coalitions. » ( « Il existe, à Londres, un réel désir de relancer la machine » in Les Echos, 4 février 2003)

Si Jacques Chirac et Gerhard Schröder ne forment certes pas encore un duo historique à l’image d’Adenauer-Schuman en 1950 puis d’Adenauer-de Gaulle en 1963, d’Helmut Schmidt et de Valéry Giscard d’Estaing dans les années 70, ou d’Helmut Kohl et de François Mitterrand dans les années 90, il n’en reste pas moins évident que les intérêts communs l’ont emporté ces dernières semaines sur les divergences politiques.

 

   

Philatélie

La Poste mettra en vente générale un timbre à 0,46 euro à l’occasion du 40ème anniversaire du traité de l’Elysée. Ce timbre succède à ceux émis en 1973 et 1988 pour, respectivement, les 10ème et 20ème anniversaire de ce traité. Le timbre au format carré 33x33, conçu par l’artiste allemande Corinna Rogger, est imprimé en héliogravure en feuilles de trente exemplaires. Dans le cadre d’un partenariat avec la poste allemande, cette dernière éditera à la même date un timbre sur le même sujet dessiné par Tomi Ungerer.

 

La vente anticipée « premier jour » s’est déroulée, le jeudi 16 janvier 2003, à l’Institut Goethe, à Paris, ainsi qu’à Forbach (Moselle), Strasbourg (Bas-Rhin) et Vogelgrun (Haut-Rhin).

 

 

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France-Allemagne en chiffres

 

Þ Pour l’année 2000, le taux de fécondité en Allemagne était de 1,36 enfant par femme et de 1,89 en France.

Þ En 1999, l’espérance de vie d’une femme était de 80,7 ans en Allemagne et de 82,4 ans en France. Pour les hommes, elle était de 74,7 ans pour un Allemand et de 74,9 ans pour un Français.

Þ Quarante ans après sa fondation, l’OFAJ peut se prévaloir d’avoir donné à 7 millions de jeunes la possibilité de participer à des échanges, à des programmes de formation linguistique ou professionnelle dans l’autre pays, ou à des activités communes, y compris dans les pays tiers.

Les programmes d’échanges ou de formation de l’OFAJ ont concerné 200 000 personnes en 2002. Leurs points forts sont le soutien aux échanges scolaires – 70 000 élèves aidés – et aux échanges extrascolaires – 30 000 participants – qui concernent les associations de jeunesse, les comités de jumelage, les associations sportives et culturelles. Deux autres priorités sont les programmes destinés à de jeunes professionnels, en formation ou demandeurs d’emploi (17 000 personnes), et ceux permettant d’apprendre la langue de l’autre à des animateurs ou à des responsables d’activités d’échanges, ainsi que le soutien à l’apprentissage précoce du français et de l’allemand. Le lancement du programme Voltaire, permettant d’accorder des bourses à des élèves de seconde pour passer quelques mois dans un établissement de l’autre pays, connaît un grand succès. De 20 bourses, il y a deux ans, on est passé à 500 puis à 1000. (Source : Le Monde, 20.01.2003)

Þ En France, il existe 9 écoles allemandes et 90 établissements possédant des sections franco-allemandes renforcées. Quinze écoles et lycées français sont installés en Allemagne.

Þ Près de 3200 personnes se sont inscrites, en 2002, au Goethe Institut pour suivre des cours d’allemand en France.

Þ En 2001, 280 ouvrages d’auteurs allemands ont été traduits en français, selon l’association des éditeurs et des libraires allemands. La même année, 126 livres allemands ont été traduits en anglais, 256 en néerlandais, 373 en italien et 454 en espagnol. L’Allemagne et la France présenteront en 2003 dans différents pays 54 projets culturels communs (Source : Le Monde, 22.01.2003)

 

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Chronologie :

Plus de cinquante ans de coopération franco-allemande

 

9 mai 1950 : Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, propose, à l’initiative de Jean Monnet, de mettre en commun la production et la consommation de charbon et d’acier dans le cadre d’une organisation européenne entre la France et l’Allemagne ouverte à tous les pays d’Europe.

 

22 janvier 1963 :  le général de Gaulle et le chancelier Adenauer signent le traité de l’Elysée qui prévoit que la France et l’Allemagne se consulteront sur les questions importantes notamment en matière de politique étrangère et de défense.  

9 février 1973 : la France et la RDA communiste nouent des relations diplomatiques.

 

6-8 septembre 1978 : le président Valéry Giscard d’Estaing et le chancelier Helmut Schmidt jettent à Aix-la-Chapelle (Aachen) les bases du système monétaire européen (SME).

 

21-22 octobre 1982 : le président François Mitterrand et le Chancelier Helmut Kohl institutionnalisent à Bonn la concertation franco-allemande en matière de défense.

 

22 septembre 1984 : François Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main à Verdun pour commémorer les morts de la Grande Guerre.

 

12-13 novembre 1987 : François Mitterrand et Helmut Kohl décident à Karlsruhe de mettre sur pied un Comité économique et financier chargé  de coordonner les politiques des deux pays et un Conseil de sécurité et de défense pour une coopération militaire.

 

2 octobre 1989 : création d’une Brigade franco-allemande, puis, début novembre d’un Conseil franco-allemand de l’environnement.

 

20-22 décembre 1989 : François Mitterrand est le premier chef d’Etat occidental à visiter la RDA.

 

17-18 septembre 1990 : accord entre François Mitterrand et Helmut Kohl pour amplifier la coopération entre la France et l’Allemagne réunifiée. Les forces alliées déployées en Allemagne sont réduites et n’ont plus le statut de troupes d’occupation.

 

22 mai 1992 : la France et l’Allemagne entérinent la création d’un corps européen de défense, l’Eurocorps, auquel est rattachée la Brigade franco-allemande.

 

22-27 novembre 2002 : la France et l’Allemagne font des propositions conjointes à la Convention pour l’avenir de l’Europe dans le domaine de la défense, puis de la justice et des affaires intérieures, et proposent un compromis sur la politique agricole commune.

 

14 janvier 2003 : le chancelier Gerhard Schröder et le président Jacques Chirac proposent une présidence bicéphale pour l’Union européenne élargie.

 

(chronologie cité dans l’article « Paris et Berlin célèbrent leurs noces d’émeraude et relancent leur union »  in Les Echos, le 22.01.03)

 

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Extraits d’une interview de Jacques Delors, président de l’Association « Notre Europe » et ancien président de la Commission européenne

 

« Depuis Charles Quint, vingt-trois guerres ont opposé la France et l’Allemagne et, même si les jeunes aujourd’hui ont tendance à dire « Hitler, connais pas » nous ne pouvons effacer le passé. »

Quelles sont les plus belles réalisation franco-allemandes en matière européenne ?

« Cela reste la CECA, grâce au couple Adenauer-Schuman, le système monétaire européen grâce au couple Schmidt-Giscard d’Estaing et le traité de Maastricht, donc l’union économique et monétaire, avec le couple Kohl-Mitterand »

(Source : « Jacques Delors : le couple franco-allemand, symbole du pardon et de la promesse » in Les Echos, 23.01.0

 

Elsa Glombard

 

 

Notes de bas de page « l’actualité européenne décodée »

(1) Les grands principes de ce régime politique (littéralement « gouvernement pour et par le peuple) n’ont aujourd’hui pas changé.

(2) Il dîne le soir même avec Jean et Sylvia Monnet

 

 

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